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Géopolitique

« La présidence du G7 constitue une occasion unique pour la France de faire de l’antibiorésistance une priorité stratégique de sécurité sanitaire »

Alors que le G7 se réunit à Evian (Haute-Savoie) du 15 au 17 juin, une cinquantaine d’experts appellent, dans une tribune au « Monde », la France à s’emparer de cette menace contre les fondements de la médecine moderne.

« La présidence du G7 constitue une occasion unique pour la France de faire de l’antibiorésistance une priorité stratégique de sécurité sanitaire »
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L’antibiorésistance représente une menace sanitaire et économique mondiale majeure. En France, elle est responsable d’environ 32 700 décès (dont plus de 7 300 lui sont directement attribuables) et engendre plus de 1,5 milliard d’euros en dépenses de santé supplémentaires chaque année.

Mais, au-delà du fardeau économique qu’elle représente, l’antibiorésistance menace les fondements mêmes de notre médecine moderne. Les traitements contre le cancer, les transplantations, la réanimation, la médecine néonatale et même la chirurgie courante dépendent tous de la disponibilité continue d’antibiotiques efficaces.

C’est pourquoi la présidence du G7 constitue une occasion unique pour la France de faire de l’antibiorésistance une priorité stratégique de sécurité sanitaire en affirmant son leadership par une coordination de l’action internationale, comme elle l’a fait lors du Sommet One Health, en avril.

La lutte contre l’antibiorésistance doit s’articuler autour de quatre priorités stratégiques. L’agenda One Health du G7 doit en premier lieu reconnaître explicitement le poids croissant de la mortalité et le coût économique liés à l’antibiorésistance, la menace que celle-ci fait peser sur la médecine moderne et le besoin urgent de préserver l’accès à des antimicrobiens et des tests diagnostiques efficaces pour les praticiens et les patients.

Encourager la R&D

La deuxième priorité est de construire un modèle français durable d’accès et d’innovation. Sans innovation, la lutte contre l’antibiorésistance est perdue d’avance. Or, dans un marché où les retours sur investissement sont absents, la recherche et développement (R&D) ne parvient plus à suivre le rythme de progression des résistances, ni à couvrir les besoins cliniques non satisfaits. En conséquence, le portefeuille de nouveaux antimicrobiens est devenu famélique et les tests diagnostiques ne sont ni valorisés ni utilisés comme ils le devraient.

Au cours de leur année de présidence, la plupart des pays du G7 ont introduit – ou se sont engagés à le faire – de nouveaux mécanismes d’incitation pour encourager la R&D et l’accès des patients aux nouveaux antimicrobiens, et ainsi éviter un scénario sanitaire alarmant mais désormais imminent. C’est notamment le cas du Royaume-Uni, de l’Italie, du Japon, de l’Allemagne et du Canada. L’Union européenne a également adopté ces derniers mois des mesures dans le cadre de la révision de la législation pharmaceutique européenne visant à renforcer l’attractivité du marché.

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