Dans le champ de la procréation médicalement assistée (PMA), rares sont les innovations qui suscitent autant d’espoirs et de controverses que le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A). Cette technique, encore interdite en France, revient sur le devant de la scène dans le cadre des états généraux de la bioéthique.
Le principe du DPI-A est simple et séduisant : les anomalies chromosomiques sont responsables de nombreuses fausses couches et augmentent avec l’âge maternel, il paraît logique de sélectionner, avant transfert, les embryons dits « euploïdes », c’est-à-dire dont les cellules possèdent exactement 23 paires de chromosomes. Les objectifs sont clairs : améliorer les taux d’implantation, réduire le taux de fausses couches, accélérer la survenue d’une grossesse et la naissance d’un enfant. Cependant, après trente ans de pratique, l’efficacité du DPI-A reste sujette à polémiques.
En effet, les études cliniques présentent des conclusions divergentes, en raison de la référence utilisée. Longtemps, cette efficacité a été évaluée par le transfert d’embryon, introduisant un biais majeur puisque seules les patientes de bon pronostic étaient incluses, les autres étant sorties de l’étude. Avec ce dénominateur, des améliorations sont observées, mais bien en deçà des attentes. En revanche, lorsque l’analyse est menée en « intention de traiter », incluant l’ensemble des cycles de FIV [fécondation in vitro] entrepris, les bénéfices disparaissent. Aucune différence significative n’est alors observée entre DPI-A et FIV conventionnelle, certaines études suggérant même une diminution des chances.
Ces incertitudes scientifiques ont conduit les sociétés savantes, telles que la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE) ou la Société américaine de médecine de la reproduction (ASRM), à ne pas recommander l’usage du DPI-A. Ainsi, l’ESHRE ne le recommande pas pour un usage clinique de routine, tandis que l’ASRM souligne que son efficacité reste à démontrer et que les études en faveur d’un tel diagnostic présentent d’importantes limites.
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