La superstar portoricaine Bad Bunny entame, vendredi 22 mai à Barcelone, sa tournée européenne, qui doit s’achever à la fin de juillet, au terme de 29 concerts.
Plusieurs heures avant le début du spectacle, des centaines de fans étaient rassemblés autour du stade olympique du quartier de Montjuïc, qui va accueillir la star.
En dix ans, Bad Bunny, 32 ans, a propulsé le reggaeton et la trap latino au sommet de la pop mondiale ; il a récolté en février le prestigieux Grammy Award de l’album de l’année, une première pour un disque chanté en espagnol.
Son opus Debi tirar mas fotos accorde une grande place aux rythmes traditionnels de Porto Rico (salsa, bomba, plena, etc.) et évoque la colonisation de son île natale, sous juridiction des Etats-Unis depuis 1898, en livrant un message sociopolitique sous une forme résolument dansante.
En Europe, Bad Bunny va se produire deux soirs à Barcelone puis à Lisbonne, avant dix concerts au stade Metropolitano à Madrid, où vit une importante communauté sud-américaine. Il ira ensuite en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en France, en Suède, en Pologne, en Italie avant de finir sa tournée européenne à Bruxelles, en Belgique, le 22 juillet.
Une tournée marquée par l’engagement et la scénographie
Sa tournée avait débuté par une série de 30 concerts dans son Porto Rico natal, dont certains réservés aux habitants de cette île des Caraïbes. Dans sa scénographie, l’artiste met en scène la canne à sucre et « la casita » (petite maison).
Hésitant, au début de sa carrière, à adopter des positions politiques affirmées, Bad Bunny a joué un rôle important dans les manifestations qui ont secoué Porto Rico en 2019, en réponse à des scandales impliquant les autorités de l’île.
Lors de la cérémonie de remise des Grammy Awards en février, il avait appelé à « mettre dehors » la police américaine de l’immigration (ICE), s’opposant fermement à la politique menée par le président américain, Donald Trump. Sa tournée mondiale, qui a débuté en novembre, ne passe ainsi pas par les Etats-Unis, un choix délibéré afin, a-t-il expliqué, de mettre ses fans à l’abri de potentiels raids de l’ICE.
L’artiste s’est toutefois produit dans le pays lors du spectacle de la mi-temps du Super Bowl (la finale du championnat de football américain), s’attirant les foudres de Donald Trump, que le chanteur n’avait pourtant pas évoqué lors de son show.