Affaiblie par les attaques coordonnées menées fin avril par les djihadistes affiliés à Al-Qaida et les indépendantistes touareg, la junte au pouvoir à Bamako cherche encore la parade. Si le général Assimi Goïta semble avoir consolidé son emprise interne, le nord du pays lui échappe, ses partenaires russes sont discrédités. Il peut toutefois compter sur un autre allié de poids : la Turquie.
Plus discret que les soldats et les avions de Moscou, le soutien d’Ankara n’en est pas moins stratégique. La Turquie a acquis le statut de partenaire incontournable pour les importations de drones, les équipements et la formation militaires. Des sociétés de sécurité privées turques seraient également mobilisées au Mali. Plus officiellement, des dizaines d’accords ont été signés entre les deux pays au sujet des véhicules blindés, des systèmes optoélectroniques et de surveillance, des équipements de déminage et des programmes d’entraînement de personnel militaire.
« Bien qu’une grande partie de cette coopération reste discrète, il y a bien une coordination croissante entre les deux gouvernements en réponse à la détérioration de l’environnement sécuritaire », avance Melis Yuruten Ozdemir, doctorante à l’université de Galatasaray, à Istanbul et spécialiste des relations entre la Turquie et le Sahel.
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