Comme les boutons de fleur qui semblent prendre un temps infini à se préparer avant d’éclore, certaines recherches scientifiques aboutissent après des années de travail invisible. L’étude publiée le 4 août dans la revue Nature Plants sur une protéine-clé des plantes, sorte d’interrupteur du processus de floraison, est restée pratiquement deux ans dans le labyrinthe de l’évaluation par les pairs et trouve son origine dans un travail commencé il y a quatorze ans.
Cristel Carles, professeure à l’université Grenoble-Alpes (UGA) et chercheuse au laboratoire physiologie cellulaire végétale (CEA, CNRS, UGA), réfute le terme « obsession » au sujet de cette protéine, Ultrapetala1 (ULT1). La coordinatrice de cette étude préfère évoquer sa fascination pour les mécanismes de développement des plantes, qu’elle décortique jusqu’au détail moléculaire et même atomique. « Les plantes utilisent leur génome de façon flexible pour créer de nouveaux organes tout au long de leur vie, largement au-delà de l’embryogenèse, contrairement aux animaux, dit-elle admirative. Et elles le font de manière adaptable, en fonction de l’environnement. Un séquoia de 2 000 ans fait toujours de l’organogenèse. »
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