En mai 2022, en pleine campagne présidentielle, l’homme politique centriste Alejandro Gaviria expliquait au Financial Times que la Colombie “dormait sur un volcan” que les grandes grèves de 2019 et 2021, portées par des groupes historiquement exclus du pouvoir et notamment une jeunesse appauvrie, avaient commencé à réveiller. Mieux valait, selon lui, céder à une “explosion contrôlée, avec Petro”, plutôt que de continuer à réprimer un malaise social latent. Lequel avait été longtemps éclipsé par le conflit armé avec les guérillas, avant que celui-ci perde en intensité après l’accord de paix signé en 2016 avec les Farc.

Alors que son mandat de quatre ans prend fin ce vendredi 7 août, force est de constater que Petro, premier président de gauche du pays et “disruptif”, comme le qualifie La Silla Vacía, a su “déplacer le centre de gravité du débat” en imposant dans l’espace public des thèmes longtemps relégués au second plan, tels que les inégalités, les droits des travailleurs, la transition énergétique ou le racisme, qui “sont désormais plus difficiles à ignorer”.

Signes de cette ouverture historique, la nomination comme vice-présidente de Francia Márquez, première femme noire à occuper ce poste, mais aussi l’arrivée au pouvoir de ministres et de hauts fonctionnaires issus de mino