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Le “bird deprogramming” : ces femmes qui s’envolent pour échapper à une relation

Comme chaque année à l’approche de l’été, les internautes redoublent d’inventivité pour expliquer aux femmes comment “se décentrer des hommes”. Cette fois, il s’agit d’en finir avec le “comportement d’oiseau”, qui consiste à persister dans une relation déséquilibrée. Al

Le “bird deprogramming” : ces femmes qui s’envolent pour échapper à une relation
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Love, etc. Le “bird deprogramming” : ces femmes qui s’envolent pour échapper à une relation

C’est officiel : les beaux jours sont de retour, et les oiseaux chantent à en perdre la voix. Dans les arbres, le ciel, mais aussi sur les réseaux sociaux, où des jeunes femmes confient être des “oiseaux” dans des vidéos virales.

Non pas qu’elles se sentent pousser des ailes le printemps venu. C’est plutôt le contraire. Sur TikTok, le terme a une connotation négative et qualifie des femmes qui restent accrochées à une branche (comprendre : un homme) sans pouvoir s’envoler, explique le magazine britannique Dazed.

Ce sont celles qui restent dans une relation toxique, ou du moins une relation à sens unique, avec des hommes qui ne veulent pas d’elles – ou qui cherchent à tirer le meilleur d’elles, sans donner en retour et sans s’engager.

“Le qualificatif de bird, qui fait le buzz sur TikTok, désigne quelqu’un (une femme), qui se fait souvent avoir par les hommes”, poursuit Dazed.

Le spectre des “comportements d’oiseaux” est large : dépenser son argent pour un homme, revenir vers un ex qui vous a trompée ou, plus généralement, rester dans une relation déséquilibrée, dans laquelle on concède tout à l’autre.

“Comme l’oiseauqui court après des miettes,on n’a aucune exigenceet on revient toujoursvers ces gens quinous traitent mal.”

Une internaute qui s’est fait connaître avec ses confessions d’“oiseau”, au magazine britannique Dazed

Accompagnées d’un audio de piaillements ou d’une musique comprenant le mot “oiseau”, “ce sont, sur TikTok, des centaines de vidéos où les internautes racontent toutes ces choses embarrassantes qu’ils ont faites dans l’espoir d’inspirer l’amour”.

L’idée de ces confessions filmées n’est pas (en théorie) de se voir affubler de noms d’oiseaux dans les commentaires, mais de partager un récit auquel d’autres s’identifieront.

“Ces vidéos et ces blagues sont devenues un moyen de nouer des liens et de se sentir moins seule dans ses mésaventures sentimentales”, estime Dazed.

En s’apportant empathie et soutien, ces femmes espèrent avoir le “courage” de dire stop, d’exiger de la réciprocité dans la relation ; du respect, tout simplement.

Mais “s’exposer en racontant un comportement ‘désespéré’ à l’égard d’un homme, c’est risquer de se voir traiter en commentaire de ‘pauvre fille’ ou de ‘dinde’”, reconnaît le magazine britannique.

D’autant que l’usage dégradant du terme bird comme surnom pour les femmes n’a rien de nouveau, souligne Dazed.

Dans de nombreux morceaux de rap anglophone, “il désigne des femmes matérialistes, ou vénales”.

“L’oiseau d’aujourd’huisur TikTok, qui présenteles femmes commedes imbéciles, rappellel’expression bird-brained[‘cervelle d’oiseau’] utiliséedepuis le début du XXsiècle.”

Le magazine britannique Dazed

Après avoir identifié ce schéma répétitif, l’injonction pèse sur les femmes, et elles seules.Elles doivent s’engager dans un bird deprogramming, pour “déprogrammer l’oiseau” en elles : s’émanciper de l’influence ou de l’emprise de leur partenaire.

Eh oui, les beaux jours sont de retour, et avec eux, un marronnier viral : “À chaque année son nouvel appel à se décentrer des hommes”, ironise Dazed.

Car le bird deprogramming s’inscrit dans la continuité du hot girl summer, un “été des canons” destiné à s’émanciper du male gaze sur le corps des femmes, et à enfin s’assumer. Entre autres tendances d’“empouvoirement”.

“Cacher ses vulnérabilités,par honte, voilà qui sembleinscrit dans la relationsentimentale moderne,marquée, pour les jeunesen particulier, par uneinjonction à la nonchalanceet une peur d’afficherses émotions. L’‘oiseau’n’est-il pas simplementquelqu’un qui croit en l’autre ?Et est-ce si grave, de croireen l’autre ?”

Le magazine britannique Dazedà propos du bird deprogramming

Et si la vraie libération était d’arrêter de vouloir paraître plus détaché que l’autre ?

Pour peut-être, enfin, prendre vraiment son envol.—

Chloé Boyer
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