Sébastien Delogu, député de La France insoumise (LFI) connu pour ses engagements pro-palestiniens, a déposé plainte contre un homme qui l’aurait insulté, agressé et menacé de mort pour ses positions sur Israël, lundi 25 mai au soir à Marseille, a-t-il confirmé à l’Agence France-Presse (AFP).
Selon la plainte, consultée par l’AFP, un homme, en voiture sur le même axe du centre-ville que le député, s’est arrêté à la hauteur du véhicule de M. Delogu, dont la vitre était baissée, et lui a crié « Am Israel hai » (« le peuple d’Israël vit », en hébreu). Le conducteur lui aurait notamment reproché de ne pas aimer les juifs et aurait craché sur son véhicule, puis sur le député, qui avait deux passagers dans sa voiture.
Le député des quartiers nord de Marseille a également rapporté que son agresseur l’a menacé de mort. Il a dit à l’AFP être « très perturbé » par cette nouvelle affaire liée à ses engagements pro-palestiniens, souvent dénoncés par des opposants à LFI comme ayant des relents antisémites.
M. Delogu s’était fait connaître du grand public en mai 2024, quand il avait brandi un drapeau palestinien en séance à l’Assemblée nationale pour dénoncer la situation à Gaza, ce qui lui avait valu une exclusion temporaire de l’Hémicycle.
Une campagne « d’ingérence numérique »
Le 9 juin, il doit aussi comparaître à Marseille pour « recel de biens provenant d’un vol », « divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou localiser une personne et exposant un risque direct d’atteinte à la personne » et « atteinte au secret des correspondances ».
L’affaire concerne des documents dérobés, lors d’un conflit social, au patron d’une entreprise, par ailleurs ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) de Marseille.
Candidat malheureux à la mairie de Marseille, Sébastien Delogu a été ciblé durant la campagne des municipales par une campagne « d’ingérence numérique » menée à partir d’Israël avec deux autres candidats « insoumis » aux municipales, François Piquemal et David Guiraud. Cette opération avait été dévoilée le 10 mars dernier par Viginum, le service chargé de lutter contre ces manipulations en ligne.
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé, mercredi 20 mai, à l’Assemblée nationale qu’une « action judiciaire [était] engagée », assurant que le rapport sur les ingérences constatées durant le scrutin municipal serait rendu « public ».