“Des millions de personnes, de part et d’autre de la ligne de front, ne rêvent que d’une chose : que les massacres cessent enfin. Et la seule personne qui puisse mettre fin à ce carnage, c’est vous, Monsieur le président de la Fédération de Russie. Mettez un terme à ce massacre. Le monde entier l’attend.” C’est en ces termes, prononcés en russe, que le réalisateur Andreï Zviaguintsev a terminé son discours au Palais des festivals, samedi 23 mai, rapporte Meduza. Tourné en Lettonie, Minotaure, son premier film depuis neuf ans, se déroule dans la Russie en guerre.
Avant que le palmarès cannois ne soit dévoilé, le pouvoir russe feignait d’ignorer l’existence de Minotaure, relevait ce média établi en Lettonie. “Nous ne savons pas de quoi parle ce film”, avait soutenu le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en conférence de presse. La presse publiée à l’intérieur du pays, qui avait évoqué la présence du film en sélection officielle, a manifesté un certain embarras après le sacre de Zviaguintsev.
La couverture du quotidien Kommersant en est une éclairante illustration : après avoir publié un article laudateur du critique Andreï Plakhov, le journal s’est fait l’écho du Grand Prix attribué au cinéaste, “la principale récompense après la Palme d’or”, en évitant prudemment de mentionne
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