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Géopolitique

Le Kosovo, figé dans une impasse politique, organise de nouvelles élections législatives ce dimanche

Entre lassitude des électeurs, inflation galopante et blocage institutionnel, le pays s’enfonce dans une impasse dont les conséquences pèsent sur la vie quotidienne et l’avenir économique du pays.

Le Kosovo, figé dans une impasse politique, organise de nouvelles élections législatives ce dimanche
HaitiCreoleRadio.com

Il s’agit du troisième scrutin en seize mois. Les citoyens du Kosovo ont commencé à voter, dimanche 7 juin, lors d’élections législatives anticipées − des scrutins à répétition qui alimentent la frustration et la lassitude.

Depuis les élections de février 2025, le Parlement est dans l’impasse. A cette époque, Vetëvendosje ! (VV), le parti du premier ministre social-démocrate Albin Kurti, arrive en tête, mais sans obtenir la majorité nécessaire pour former un gouvernement.

Après des mois de tergiversations et d’échecs, le pays se résout à convoquer des élections anticipées en décembre. VV termine de nouveau en tête − avec un meilleur score (plus de 51 % des voix) − et parvient à former un gouvernement.

Mais le Parlement bute ce coup-ci sur l’élection du ou de la présidente du pays, un poste largement honorifique mais sur l’identité duquel ou de laquelle les députés, profondément divisés, ne parviennent pas à se mettre d’accord. Il est à nouveau dissous en avril.

Les partis proposent les mêmes programmes « reconditionnés sous forme de nouvelles promesses », que ce soit sur l’énergie, les salaires, les dispositifs sociaux, les infrastructures et la technologie, souligne une analyse réalisée par le réseau d’ONG Democracy in Action. Quant à l’espoir de voir ce scrutin résoudre la crise politique, les experts sont prudents.

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Des fonds européens en attente

« La crise va se poursuivre, car nous sommes entrés dans un cycle similaire à ceux [observés] en Belgique et en Bulgarie », estime pour l’Agence France-Presse le chercheur en économie politique Ardi Uka, citant deux pays où la formation de gouvernements stables est laborieuse.

La campagne a aussi été marquée par l’inflation, qui a dépassé les 5 % en janvier, et qui « continue de progresser, principalement sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires », note le FMI. Et le scrutin de dimanche coûtera au pays plus de 10 millions d’euros − sans compter les dépenses de campagne des partis politiques. Une facture énorme pour l’un des pays les plus pauvres d’Europe.

La crise politique a aussi empêché le pays de recevoir des fonds européens prévus par le plan de croissance de Bruxelles pour les Balkans occidentaux. Pour l’heure, le pays a touché 62 millions d’euros sur les 980 millions disponibles, à utiliser jusqu’à fin 2027 en échange de l’adoption de plusieurs réformes.

Près de 2,1 millions d’électeurs sont appelés à voter jusqu’à 19 heures. Les estimations des sondages de sorties des urnes seront annoncées à la fermeture des bureaux de vote, et les résultats préliminaires officiels, plus tard dans la soirée.

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Le Monde avec AFP

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