Lorsque la prochaine inondation, vague de chaleur ou tremblement de terre frappera, les gouvernements devront répondre à deux questions simples mais fondamentales : qui est le plus en danger ? et que nous enseigne le passé ? Depuis des décennies, une base de données en accès libre, gérée par l’Université catholique de Louvain, en Belgique, apporte une part essentielle de cette réponse. Aujourd’hui, cet outil public mondial est menacé.
Lors du démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) par l’administration Trump en 2025, une ligne budgétaire a été supprimée, presque imperceptiblement : la modeste subvention qui assurait la survie et les développements liés à la base de données la plus fiable au monde sur les catastrophes climatiques. Aucun nouveau financement n’a, à ce jour, pris le relais.
Si rien ne change, l’une des rares sources indépendantes permettant de comparer les catastrophes à l’échelle mondiale – et sur laquelle s’appuient la Banque mondiale, l’Organisation des Nations unies (ONU) et des dizaines de gouvernements – risque d’être fragilisée, voire de s’éteindre discrètement, au moment même où les sociétés ont le plus besoin de comprendre les risques que les populations affrontent.
EM-DAT, la base de données recensant les catastrophes en libre accès la plus fiable au monde, rassemble des informations vérifiées sur plus de 27 000 catastrophes depuis 1900, liées à des aléas naturels : inondations, tempêtes, sécheresses, séismes, vagues de chaleur ; ainsi que des accidents technologiques. Elle documente les morts, les personnes affectées et les pertes économiques. Elle est nécessaire pour comparer les événements au-delà des frontières et des décennies, dans un domaine où les statistiques nationales restent souvent inégales, fragmentaires et difficiles à rapprocher. Ce ne sont pas seulement des archives rigoureuses. C’est un langage commun. Aujourd’hui, plus de 110 000 utilisateurs du monde entier compulsent ces données afin de prévenir de nouveaux cataclysmes.
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