Arrivé jeudi 11 juin dans l’archipel espagnol des Canaries, Léon XIV doit rencontrer des migrants dans l’île de Grande Canarie, où beaucoup sont arrivés après avoir survécu à une périlleuse traversée dans l’Atlantique, pour un hommage en forme de message politique adressé au monde entier.
Le pape réalise ainsi le souhait de son prédécesseur, François, mort il y a un an sans avoir pu effectuer ce voyage dans l’archipel des Canaries, situé au large des côtes du nord-ouest de l’Afrique, où plus de 46 000 personnes sont arrivées en 2024, une année record, en bravant la mer à bord d’embarcations de fortune.
Au port d’Aguineguin, le pape, accueilli sur la base militaire de l’aéroport de Grande Canarie par le premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, écoutera en milieu de journée le témoignage de migrants avant de prononcer un discours, puis de déposer une offrande florale en mer en hommage aux migrants morts au cours de cette traversée dangereuse.
L’an dernier, près de 1 200 migrants sont morts ou ont disparu sur la route vers ces îles espagnoles, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
« Le pape François nous a écrit une lettre dans laquelle il nous disait deux choses. La première était son désir de venir encourager et accompagner le peuple des Canaries et l’Eglise des Canaries dans la réponse qu’ils apportaient à la migration », se rappelle José Mazuelos, évêque du diocèse des Canaries. L’autre message du pape, a ajouté José Mazuelos, était sa volonté de « braquer un faisceau de lumière sur la question et la réalité de la migration ».
« Quai de la honte »
Pour tout cela, « le port d’Arguineguin, que l’on a appelé “le quai de la honte”, parce que plus de 3 000 personnes arrivées en même temps y ont été entassées pendant la pandémie due au Covid-19, était un lieu emblématique », conclut l’évêque.
La présence du pape sur place vise à « changer cette image de quai de la honte, qui a été la conséquence d’une mauvaise gestion du système d’accueil humanitaire, pour en faire le quai de l’intégration », espère pour sa part Caya Suarez, secrétaire générale de Caritas des Canaries.
La question de l’accueil des migrants est chère à Léon XIV, qui a déjà abordé le sujet lundi lors de son discours devant le Congrès des députés espagnol, à un moment où les politiques migratoires se durcissent dans de nombreux pays et où l’Espagne fait justement figure d’exception avec des mesures beaucoup plus libérales.
« Il est indispensable d’apporter une réponse coordonnée, solidaire et efficace, capable de garantir protection, accueil et réelles opportunités d’intégration » aux migrants, a-t-il plaidé, appelant à des efforts internationaux.
Avant Grande Canarie, Léon XIV s’est rendu à Madrid et à Barcelone au cours de son voyage en Espagne débuté samedi 6 juin. Cette visite s’achèvera vendredi dans une autre île de l’archipel des Canaries, Tenerife, où il se rendra également dans un centre pour migrants avant une dernière messe en plein air dans le port de Santa Cruz.