“Un nouveau type d’influenceurs a fait son apparition sur TikTok et Instagram : les influenceurs de la solitude”, constate Vox. Leurs particularités ? Ils n’ont pas d’amis, pas de famille, pas d’enfant et revendiquent une vie solitaire. Ces derniers mois, ceux et celles qui se mettent en scène dans des moments banals de leurs quotidiens apparaissent massivement sur les réseaux sociaux. Dans de courtes vidéos, souvent accompagnées d’une musique douce, ils filment leur trajet pour se rendre au travail, leur repas en solo dans un restaurant, ou encore leur routine du soir “dans un appartement souvent impeccable”, souligne la BBC.
La plupart de ces influenceurs, précise The Cut, sont des jeunes femmes “généralement citadines et introverties”, qui semblent se satisfaire d’une vie avec peu ou pas de lien social. Pourtant, en partageant leur vie sur Internet, “il est difficile de nier qu’elles participent à une activité fondamentalement sociale”, souligne The Atlantic, qui tente de répondre à ce paradoxe.
Le quotidien américain s’est penché sur le profil de Lanasololife, une Canadienne de 24 ans suivie par plus de 200 000 abonnés. La jeune femme explique avoir d’abord subi son isolement, avant de finalement s’en satisfaire. En 2025, elle poste une première vidéo sur les réseaux sociaux intitulée “Tu es célibataire, tu n’as pas d’enfants, tu vis seule et tu es introvertie”. Le succès est immédiat. Des centaines d’internautes affluent pour discuter dans les commentaires de “leurs angoisses”, mais aussi de leurs propres expériences. Depuis, Lanasololife “est devenue une sorte de mentor pour des myriades de personnes qui, comme elle, veulent ‘un tout petit peu de compagnie’, tout en gardant une certaine distance” avec les autres, résume The Atlantic.
Une solitude amplement partagée
Mais selon le magazine américain, qui s’est entretenu avec la jeune Canadienne, Lanasololife est, dans l’intimité, “plus ambivalente quant à son mode de vie” : “Bien qu’elle tienne à sa tranquillité, elle adorerait avoir un jour un petit groupe d’amis proches”, précise ainsi The Atlantic. Il faut dire que l’être humain “est une espèce sociale”, rappelle auprès de la BBC la professeure Melody Ding, épidémiologiste à l’université de Sydney, qui étudie les liens sociaux et la solitude.
Pourtant, une enquête menée en 2025 par l’Association américaine de psychologie révélait que la moitié des adultes américains affirment se sentir “souvent” isolés. Dans ce contexte, ces contenus documentant l’isolement “peuvent apparaître comme une forme de validation pour ceux qui se reconnaissent dans cette façon de vivre”, explique à la BBC une chercheuse de l’université du Connecticut spécialisée dans les interactions humaines en ligne. D’autant que “les réseaux sociaux nous exposent en permanence à des vies idéalisées”, ajoute la chercheuse, “et peuvent nourrir un sentiment de Fomo”, un acronyme en anglais qui désigne la peur de “passer à côté de quelque chose”.
La sociabilité est essentielle, certes, mais la solitude est précieuse
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