Le ministre de la défense israélien, Israel Katz, a reproché, samedi 22 août, à l’envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, d’avoir critiqué une frappe israélienne menée mardi contre une base militaire syrienne.
Israël avait transmis des « informations de renseignement aux parties habilitées aux Etats-Unis » avant la frappe, visant, selon l’Etat hébreu, à empêcher un déploiement turc, et les critiques de Tom Barrack sont « truffés d’inexactitudes et de positions qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump », a écrit Israel Katz sur X.
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s’était prévalu mercredi d’avoir « clairement » signifié à la Turquie qu’elle ne devait pas installer une base en Syrie, reconnaissant tacitement la frappe ayant visé la veille l’aéroport militaire d’Abou Dhouhour, dans la province syrienne d’Idleb, (nord-ouest). « Nous ne tolérerons pas un enracinement militaire turc progressant vers le sud, car cela nous menace », avait déclaré Benyamin Nétanyahou dans un entretien diffusé par la radio de l’armée.
Sans revendiquer explicitement cette frappe, le bureau du premier ministre israélien avait d’abord affirmé qu’« Israël avait mis en garde à plusieurs reprises la Syrie » contre un déploiement militaire turc, « qui constituerait une menace pour la sécurité d’Israël », mais que Damas avait « choisi d’ignorer ces avertissements ».
Attaque de drone israélien près du plateau du Golan
La Turquie, qui entretient des relations exécrables avec Israël depuis la guerre à Gaza, a, de son côté, nié tout projet de déploiement de troupes en Syrie. Tom Barrack a, lui, condamné les frappes, accusant Israël d’« escalade inutile ».
Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis le renversement, en décembre 2024, du président Bachar Al-Assad par une coalition de groupes islamistes. L’Etat hébreu a aussi déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l’ONU qui séparait les forces des deux pays sur le plateau du Golan, occupé par Israël depuis 1974, affirmant vouloir y maintenir une « zone de sécurité ».
Damas a condamné « dans les termes les plus forts » le raid contre la base d’Abou Dhouhour, le qualifiant « d’acte d’agression injustifiée » de la part d’Israël.
Samedi, la Syrie a également condamné une attaque de drone israélien près du plateau du Golan qui a fait un blessé. « Cette attaque constitue une violation flagrante de la souveraineté » de la Syrie « ainsi qu’une atteinte manifeste au droit international, et s’inscrit dans le contexte des attaques répétées d’Israël contre le territoire syrien », a déclaré le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.
L’armée israélienne a, pour sa part, dit que ses forces avaient tiré dans le sud de la Syrie sur une personne « qui préparait des attaques terroristes, dans leur phase finale », sans l’identifier ni préciser si elle appartenait à un groupe particulier.