Après avoir proposé aux Vingt-Sept une dose de « made in Europe » pour protéger leur industrie, avec le projet de loi sur l’accélération industrielle, présenté le 4 mars, la Commission européenne souhaite désormais donner à l’Union les moyens de sa souveraineté technologique. C’est l’objet du paquet législatif, qu’elle a mis sur la table, mercredi 3 juin, et qui doit être examiné par les Etats membres et le Parlement européen.
« Nous ne devrions pas accepter un avenir dans lequel nos infrastructures critiques, nos données sensibles ou notre capacité industrielle dépendent de fournisseurs uniques et dominants en dehors de l’Europe, qui ne proviennent pas de pays partageant les mêmes idées », plaide la vice-présidente exécutive de la Commission, la Finlandaise Henna Virkkunen. Aujourd’hui, le Vieux Continent dépend à plus de 80 % de pays tiers – au premier rang desquels les Etats-Unis et la Chine – pour ses produits, ses services, ses infrastructures et ses propriétés intellectuelles numériques.
En clair, dans tous ces domaines, l’Europe régule mais ne produit quasiment plus. « Consommer plutôt que créer, résume Henna Virkkunen, c’est le résultat de décennies de décisions. » C’est à cet état de fait que Bruxelles veut aujourd’hui s’attaquer, alors que la montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA) rend cette révolution plus urgente que jamais, et que la Chine comme les Etats-Unis n’hésitent plus à instrumentaliser les dépendances de l’Europe.
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