Avec plus de 265 millions de locuteurs, le portugais est l’une des langues les plus parlées du monde. Pourtant, au moment où Lisbonne fait de la lusophonie un instrument d’influence, la réforme de l’enseignement du portugais à l’étranger (EPE) provoque une levée de boucliers qui n’est pas sans rappeler les débats autour de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Dans les deux cas, une même question : peut-on renforcer le rayonnement d’une langue tout en fragilisant ceux qui la transmettent ?
Selon Expresso, le projet de réforme du gouvernement, qui concerne les 381 enseignants du réseau des instituts Camões, présents dans 48 pays, vise à rajeunir les équipes, faciliter le recrutement et moderniser le dispositif. Mais les enseignants dénoncent une réforme qui limiterait la durée des affectations et maintiendrait la précarité des universitaires chargés d’enseigner le portugais.
Ils redoutent un turnover permanent, au détriment des liens patiemment tissés avec les universités, les écoles, les ambassades et les communautés portugaises. Certains parlent même d’un “licenciement collectif” déguisé, une accusation que le gouvernement rejette, assurant que les négociations sont toujours en cours.
Fronde intellectuelle
La contestation dépasse désormais largement le mond
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Le portugais se conjugue à l’échelle mondiale : “une bataille perdue” pour Lisbonne ?
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