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Le procès de l’ancien président des Philippines, Rodrigo Duterte, jugé par la CPI pour crimes contre l’humanité, débutera le 30 novembre

Agé de 81 ans, Rodrigo Duterte sera jugé pour crimes contre l’humanité, les procureurs lui reprochant d’avoir été impliqué dans au moins 76 meurtres commis de 2013 à 2018, pendant sa « guerre contre la drogue ».

Le procès de l’ancien président des Philippines, Rodrigo Duterte, jugé par la CPI pour crimes contre l’humanité, débutera le 30 novembre
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Rodrigo Duterte comparaîtra face à la Cour pénale internationale (CPI) le 30 novembre prochain. L’ancien président des Philippines sera jugé pour crimes contre l’humanité, a annoncé mercredi un juge de la CPI. Il est visé par trois chefs d’accusation, les procureurs lui reprochant d’avoir été impliqué dans au moins 76 meurtres commis de 2013 à 2018, pendant sa « guerre contre la drogue ».

Agé de 81 ans, M. Duterte sera le premier ancien chef d’Etat asiatique à comparaître devant la CPI, qui juge les individus pour les crimes les plus graves, tels que les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Les procureurs ont précisé qu’ils comptaient appeler entre 60 et 70 témoins au cours de la procédure. Les Philippines se sont retirées de la CPI en 2019, sur instruction de M. Duterte, mais la cour a statué qu’elle restait compétente pour juger les crimes commis de façon présumée de 2011 à 2019.

Lors de l’audience de « confirmation des charges » qui s’est tenue en février, les procureurs ont affirmé que M. Duterte avait fait tuer des milliers de trafiquants et de consommateurs présumés de drogue. « Des décennies passées à assassiner son propre peuple, à assassiner les enfants des Philippines, et il prétend avoir fait tout cela pour son pays. Il ne le nie pas », avait résumé Julian Nicholls, du bureau du procureur. Et de poursuivre, concernant l’implication directe de l’ancien homme fort de Manille : « Il dirigeait un escadron de la mort à Davao, qu’il avait lui-même créé. Il l’a dirigé pendant plus de vingt ans avant de devenir président. Il avait promis d’en tuer des milliers, et c’est ce qu’il a fait. »

Lire aussi le portrait (2017) : Article réservé à nos abonnés Rodrigo Duterte, itinéraire d’un tueur à la tête des Philippines

L’état de santé incertain de l’ex-président

La défense, dirigée par l’avocat britannique Peter Haynes à la suite d’un remaniement, avait exhorté les juges à ne pas fixer de date pour le procès, arguant qu’il fallait évaluer l’état de santé de l’ex-président. « Il serait inapproprié de tenter de fixer une date… La position de la défense est que le début du procès dépend d’une décision (…) quant à l’aptitude de M. Duterte à comparaître », avait plaidé la défense.

M. Duterte avait été déclaré apte à comparaître lors d’une audience précédente qui avait confirmé les charges retenues contre lui, mais l’homme ne s’y était pas présenté en personne, ses avocats affirmant qu’il n’était pas suffisamment lucide pour suivre la procédure. « Son état continue de se détériorer et devra faire l’objet d’un examen plus approfondi avant que tout procès puisse débuter », a fait valoir la défense. La seule fois où il a été vu depuis son arrestation, le 11 mars 2025, était lors d’une première comparution par visioconférence, dans laquelle il paraissait désorienté et affaibli.

Le nombre réel de meurtres commis pendant la campagne contre la drogue de M. Duterte est estimé en milliers et les avocats des victimes ont fait valoir qu’un procès en bonne et due forme pourrait encourager davantage de familles à se manifester. M. Duterte « maintient absolument » son innocence, avait déclaré son ancien avocat, Nicholas Kaufman, devant la cour en février, en ajoutant que les preuves contre l’ancien chef d’Etat étaient « tout à fait insuffisantes » et que les accusations étaient « gravement infondées et motivées par des considérations politiques ».

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Le Monde avec AFP

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