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Le procès de Lindsay Clancy remet la psychose post-partum au cœur du débat

Annulé le vendredi 4 septembre, faute de consensus, le procès de cette infirmière de 36 ans jugée pour le meurtre de ses trois jeunes enfants a bouleversé les États-Unis, et remis au cœur du débat public la santé mentale des jeunes mères, ainsi que la dépression et la psychose post-partum

Le procès de Lindsay Clancy remet la psychose post-partum au cœur du débat
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Santé. Le procès de Lindsay Clancy remet la psychose post-partum au cœur du débat

Parfois, le chagrin et les regrets nourrissent l’envie de corriger l’histoire à coups de “et si ?” pour croire à une autre issue, un autre chemin possible.

Et justement, “le procès de Lindsay Clancy, cette mère du Massachusetts accusée d’avoir tué ses trois enfants est chargé de douloureux ‘et si ?’ : ‘Et si elle avait été plus soutenue ? Et si elle avait eu plus de personnes à qui se confier ? Toute cette souffrance aurait-elle pu être évitée ?’” dénombre Vox.

Pour le site américain, l’affaire Clancy est devenue le symbole de la santé mentale des mères dans le pays, “un drame judiciaire bouleversant qui révèle la négligence manifestée depuis des années par le système de santé et les chercheurs à l’égard du bien-être mental des jeunes mères”.

Annulé le vendredi 4 septembre, faute de consensus, le procès de cette infirmière de 36 ans a embrasé les réseaux sociaux.

Pour le quotidien britannique The Guardian, “ce procès pour meurtre souligne l’incompréhension que la psychose post-partum rencontre auprès des experts et du grand public”.

Car si Lindsay Clancy a admis avoir étranglé ses enfants (avant de tenter de se suicider), ses symptômes de psychose post-partum durant les mois qui ont précédé les meurtres ont été au centre des arguments de la défense.

“Il y a eu tellementde récits sur cette maladiequi se déclenchesoudainementaprès l’accouchementqu’il est choquantqu’on sache si peude choses dessus.”

Jessica Heron, psychologue à la tête de l’organisation galloise Action on Postpartum Psychosis, au quotidien britannique The Guardian

La psychose post-partum se manifeste souvent par des symptômes liés à l’humeur : irritabilité, sautes d’humeur, insomnie et ce que les professionnels de santé qualifieraient d’état proche du délire, explique Susan Hatters Friedman, professeure de psychiatrie à l’université Case Western Reserve, citée par la BBC.

“Il y a environ1 200 cas de psychosepost-partum par anau Royaume-Uni,avec quelques rares casd’infanticide par décennie.Aux États-Unis,les estimationsépidémiologiquesfont état de 1 ou 2 caspour 1 000 accouchements.”

Le quotidien britannique The Guardian

Le terme “psychose” implique généralement que la personne a perdu le contact avec la réalité, relève Susan Hatters Friedman.

“La mère peut également avoir des hallucinations auditives ou visuelles qui la poussent à se faire du mal ou à en faire au nourrisson”, ajoute CNN.

“La maladie débouchesouvent sur le suicide.L’infanticide estextrêmement rare.”

La psychiatre Veerle Bergink, qui étudie la psychosepost-partum depuis vingt ans, à CBS News

L’autre problème, c’est que la psychose post-partum n’est pas répertoriée dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (le fameux DSM-5).

Conséquence : “Cette maladie n’est pas traitée dans les manuels des facultés de médecine, les étudiants n’en apprennent rien et le sujet est peu abordé”, confirme la BBC.

“Nous sommes vraiment au Moyen Âge sur cette question”, déplore Veerle Bergink, qui dirige le Centre de santé mentale féminine de l’hôpital Mont Sinaï de New York, citée par le Guardian.

“Le procès de Lindsay Clancymontre à quel pointles réseaux sociauxenveniment les choses.Les gens racontentn’importe quoi surla psychose post-partumparce qu’ils ne sontpas informés,parce que les médecins(gynécologues et psychiatres)n’y sont pas formés,parce qu’elle n’existe pasdans les systèmes de classification.”

La psychiatre Veerle Bergink au quotidien britanniqueThe Guardian

“On ne peut mener des recherches et parler de la maladie que si elle reçoit un nom et que des critères sont établis pour l’identifier”, insiste Veerle Bergink, qui plaide pour que la psychose post-partum soit intégrée au DSM-5.

“Sinon, on ne parvient pas à obtenir de financement pour la recherche, il n’y a pas de ressources, il n’existe ni système de prise en charge ni code d’assurance maladie.”—

Éloïse Duval
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