Hussein Abdel Al-El et sa femme, Um Alaa, sont restés des heures assis dans leur salle de bains, dans le noir, sans bouger, sans même oser utiliser leurs téléphones : il ne fallait surtout pas éveiller l’attention des soldats israéliens qui, en pleine nuit, à une heure du matin, faisaient une descente chez leurs voisins. Âgé de plus de 70 ans, le couple était terrorisé à l’idée que les soldats viennent frapper à leur porte.
Les militaires ont plaqué leurs voisins contre un mur en les menaçant avec leurs armes, et ont attaché leurs mains avec des liens de serrage en plastique. Ils ont fouillé leur maison et les ont interrogés. Puis ils ont placé un sac noir sur la tête d’un berger, et l’ont conduit dans une base militaire israélienne de l’autre côté de la frontière pour poursuivre l’interrogatoire.
Au lever du jour, les soldats étaient partis. Les voisins d’Hussein aussi. Après la série de raids, toutes les autres habitations situées en périphérie de Kfar Chouba, un village des montagnes libanaises à la frontière avec Israël, étaient vides.
“Ils sont en train de tout raser”
Kfar Chouba fait partie des rares villages [du sud du Liban] qui ne sont pas à majorité chiite et dont l’armée israélienne autorise la population à rester. Pourtant, ce village se trouve à l’intérieur de la “l
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