“Ni una menos, vivas nos queremos !” Une traduction de ce cri, émis pour la première fois en Argentine il y a onze ans pour visibiliser les féminicides, et qui a depuis été repris par des foules de femmes dans toute l’Amérique latine, pourrait être : “Aucune femme en moins, nous nous voulons vivantes !” Ce mercredi, il a de nouveau retenti lors de gigantesques manifestations dans toute l’Argentine, et en particulier à Cordoba.
La deuxième ville du pays a récemment été le théâtre d’un nouveau féminicide, le cent cinquième perpétré en Argentine depuis le début de l’année, selon l’organisation féministe Mumala (Femmes de la matrie latino-américaine), à l’origine d’une vague d’indignation et de douleur.
Samedi dernier, les restes d’une jeune fille de 14 ans, Agostina, ont été retrouvés alors qu’elle avait disparu depuis une semaine. Violée, étranglée, démembrée et enterrée. Le principal suspect, un homme âgé de 34 ans, est actuellement examiné par des psychiatres afin de déterminer s’il peut être jugé responsable de ses actes.
De milliers de femmes dans la rue
“Sans aucun doute, le climat de ras-le-bol, de douleur et de choc suscité par ce récent féminicide a marqué la mobilisation. Les yeux pleins de larmes, le poing en l’air et les chants à plein volume ont montré la bronca qui a, cette année encore, marqué cette lutte collective”, souligne le quotidien régional La Voz del Interior, qui consacre sa une ainsi que plusieurs dizaines d’articles à cette affaire.
Le visage et le nom d’Agostina étaient présents sur de nombreuses pancartes brandies à Cordoba et partout en Argentine, jusque dans les plus petits villages. Également ceux des innombrables victimes de violences de genre qui ont été moins médiatisées. Dans l’Argentine libertarienne actuelle, où l’individualisme est célébré par un gouvernement qui méprise ouvertement les luttes collectives, la présence de dizaines de milliers de femmes dans la rue, mais aussi d’hommes et d’enfants, constitue un message fort.
“La mort d’Agostina a relancé le débat sur le rôle de l’État dans la prévention de ces assassinats et l’accès à la justice, analyse La Voz del Interior. Les référentes du mouvement féministe ont dénoncé le démantèlement des politiques publiques de prévention et les coupes dans les budgets destinés à l’assistance aux victimes de violences de genre.”
Javier Milei s’attaque aux femmes et aux minorités sexuelles
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !