Une nouvelle course aux armements nucléaires a commencé, constate le quotidien suisse Le Temps, qui relaie un rapport de l’ONG genevoise Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (Ican), récipiendaire du prix Nobel de la paix en 2017.

Alors que deux guerres en cours, en Ukraine et en Iran, impliquent des puissances nucléaires, les dépenses des neuf États qui disposent à ce jour d’un arsenal atomique “explosent”, rapporte le journal. En 2025, ils ont consacré au total 119 milliards de dollars (près de 103 milliards d’euros) au développement et la maintenance de ces systèmes d’armes, selon le rapport de l’Ican intitulé “Premeditated : Nuclear Weapons Spending in 2025”. “Un record historique”, souligne Le Temps.

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Par rapport à 2024, ce chiffre représente une augmentation de 19 %, soit 16,8 milliards de dollars (plus de 14,5 milliards d’euros) supplémentaires. Les deux pays les plus dépensiers sont, sans surprise, les États-Unis et la Chine. En 2025, Washington a consacré 69,2 milliards de dollars (59,8 milliards d’euros) aux armes nucléaires, soit plus que tous les autres pays réunis. Quant à la Chine, qui tente de combler à marche forcée son retard sur les États-Unis et la Russie, elle a consacré 13,5 milliards de dollars (11,6 milliards d’euros) de son budget au développement de son arsenal atomique.

Tout montre que les autres puissances nucléaires ont également l’intention de poursuivre le développement de leurs arsenaux. “Le moins que l’on puisse dire, c’est que le désarmement n’est pas d’actualité”, déplore Le Temps.

Des projections de dépenses “effrayantes”

La Corée du Nord a ainsi doublé ses capacités de production de matières fissiles, et le pays entend bien mettre en œuvre “un plan ambitieux visant à doper ses forces nucléaires à un rythme exponentiel”. En 2025, les investissements en la matière du Royaume-Uni (12,6 milliards de dollars) ont dépassé pour la première fois ceux de la Russie (9,5 milliards). Quant à la France, elle a annoncé son intention de faire bénéficier ses partenaires européens de ses capacités de dissuasion, et “le président Macron a laissé entendre que son pays allait augmenter son arsenal de têtes nucléaires”.

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“Les projections de dépenses pour l’avenir sont effrayantes”, souligne le quotidien suisse. Selon l’Ican, les sommes consacrées aux armements nucléaires pourraient atteindre 1 000 milliards de dollars dans les dix ans qui viennent.

“À une époque où le coût de la vie explose et où l’alimentation comme l’énergie deviennent inabordables pour tant de personnes, il est inconcevable que ces neuf pays dépensent des milliards pour une fausse promesse de sécurité”, estime Susi Snyder, directrice des programmes de l’Ican, qui rappelle au passage que “les armes nucléaires ne peuvent être utilisées sans provoquer une catastrophe”.