Trois dirigeants du journal militaire indépendant Stars and Stripes, limogés par le Pentagone, ont porté plainte, jeudi 27 août, contre le ministère de la défense américain, pour exiger leur réintégration.
Le directeur de la publication, Max Lederer, le rédacteur en chef, Erik Slavin, et une journaliste du quotidien, Lara Korte, se sont vus notifier le 21 août leur licenciement de Stars and Stripes, une publication financée en partie par le ministère de la défense. Traditionnellement indépendant sur le plan éditorial, il couvre l’armée américaine depuis la guerre de Sécession.
Ces licenciements font suite à la publication par le journal d’un reportage décrivant les conditions difficiles à bord du porte-avions Abraham-Lincoln, engagé dans la guerre contre l’Iran. L’article avait suscité de nouvelles critiques à l’encontre de l’opération menée par le président Donald Trump depuis le 28 février.
Les trois journalistes accusent le Pentagone, et notamment le ministre de la défense, Pete Hegseth, et le porte-parole du ministère, Sean Parnell, de porter atteinte à leur liberté d’expression garantie par le 1er amendement de la Constitution. Ils cherchent à « licencier les plaignants pour avoir publiquement exprimé leur opinion et parce qu’ils désapprouvaient la publication par le journal de l’article sur le Abraham-Lincoln », selon la plainte.
Divergences « fondamentales »
A la suite de cet article, le Pentagone avait ordonné le 12 août à Max Lederer de signifier leur licenciement à Erik Slavin et à Lara Korte pour « insubordination » en raison de leurs déclarations dans des interviews à la chaîne CBS News en juillet portant sur leur position face à la ligne que voulait imposer le ministère à Stars and Stripes, peut-on y lire. Plutôt que de s’exécuter, le directeur de la publication a préféré annoncer son départ à la retraite, faisant état de ses divergences « fondamentales » avec les projets du Pentagone pour le journal.
Peu avant cette annonce, le capitaine William Urban, officier d’active de la marine américaine, avait été nommé adjoint militaire de l’éditeur. Une décision interprétée par de nombreux observateurs comme une atteinte à l’indépendance de la publication.