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Géopolitique

« Les Etats signataires de la convention sur le génocide n’ont rien fait ou presque pour prévenir et arrêter les massacres à Gaza »

A l’occasion des deux ans de la dernière décision de la Cour internationale de justice concernant l’application, dans la bande de Gaza, de la Convention sur le génocide, la présidente d’Amnesty International France, Anne Savinel-Barras, estime, dans une tribune au « Monde », que la Franc

« Les Etats signataires de la convention sur le génocide n’ont rien fait ou presque pour prévenir et arrêter les massacres à Gaza »
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Le 7 juillet 2025, un avion survole les territoires français, italien et grec. A son bord se trouve un premier ministre en exercice sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), l’Israélien Benyamin Nétanyahou, qui jouit d’une immunité incompréhensible au regard des obligations des Etats parties concernés. Tous les signataires du statut de Rome de 1998, qui a créé la CPI, ont, en effet, l’obligation générale de coopérer avec la Cour, aux termes de son article 86.

Dès lors, la France, comme tout autre Etat signataire, doit, à défaut d’arrêter M. Nétanyahou, ne pas coopérer avec l’Etat hébreu en le laissant entrer dans son espace aérien. Que n’aurait-on dit si le passager de cet appareil avait été le président russe, Vladimir Poutine, ou le chef suprême des talibans, Haibatullah Akhundzada, également poursuivis par la Cour ?

C’était alors la troisième fois que la France autorisait le chef du gouvernement israélien à survoler son territoire depuis l’émission du mandat d’arrêt de la CPI contre lui pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, le 21 novembre 2024. Une décision qui, à elle seule, reflète la politique de double standard de la France et d’autres Etats, qui souhaitent appliquer la justice internationale à la carte.

Depuis la troisième ordonnance de la Cour internationale de justice (CIJ), le 24 mai 2024, rien n’a été fait ou presque par les Etats signataires de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 pour prévenir et arrêter les massacres à Gaza. L’aide humanitaire arrive au compte-goutte, la faim est toujours utilisée comme une arme, du matériel de guerre, des biens à double usage et de l’assistance technique continuent d’être fournis à Israël, l’essentiel des infrastructures civiles et médicales est détruit, etc. Les crimes les plus graves se poursuivent, donc, et s’étendent même, selon l’Organisation des Nations unies, à une bonne partie de la Cisjordanie, où elle dit craindre un « nettoyage ethnique ». En toute impunité.

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