“La crise nationale du logement compromet les chances de nombreux étudiants d’obtenir leur diplôme avant même d’avoir pu le terminer.” C’est avec ce constat alarmant que le site The American Prospect commence son état des lieux du logement étudiant aux États-Unis. Les résidences universitaires comme les logements hors campus deviennent inabordables pour beaucoup de jeunes et leurs familles. En effet, alors que les constructions n’ont pas suivi la demande, “une hausse de 10 % des loyers du marché a entraîné une augmentation de 8 % des loyers des résidences étudiantes”.

À lire aussi : Logement. Les grandes villes nord-américaines sont de plus en plus inabordables

Le Massachusetts et la Californie ont pris des mesures. Mais pour Joshua Svirsky, étudiant de deuxième année à l’université du Massachusetts à Amherst, il est difficile de se loger convenablement. Il explique qu’il va devoir partager à trois une chambre initialement prévue pour deux sur le campus. S’il devait se loger hors campus, il devrait débourser un loyer mensuel de 2 500 dollars. Selon Mandi Jo Hanneke, présidente du conseil municipal, la plupart de ces logements sont en très mauvais état et certifiés conformes à la législation par leurs propriétaires sans regard extérieur. À Santa Barbara, les étudiants de l’université de Californie sont dans une situation bien pire encore : il faut débourser entre 3 465 et 4 225 dollars par mois pour un deux-pièces en ville (les loyers ont bondi de 66 % en dix ans), sachant que seuls les étudiants de première année sont assurés d’avoir une place en résidence universitaire et que ces dernières connaissent “des problèmes de moisissures, des fuites au plafond, des infestations d’acariens et la présence de rongeurs”.

À lire aussi : Canada. À Toronto, ‘‘le marché du logement est mort’’

En Allemagne, les étudiants se trouvent aussi confrontés à des prix de plus en plus élevés pour se loger. Die Zeit constate que le loyer d’une chambre dans une colocation à l’été 2026 a augmenté de 4 % en un an, avec des disparités régionales fortes. “Munich, métropole bavaroise, arrive en tête des villes, avec un loyer moyen de 800 euros pour une chambre en colocation”, écrit le quotidien, alors que l’allocation logement pour les étudiants est plafonnée à 380 euros.

À lire aussi : Classement. Les villes européennes les plus chères pour les locataires

Aux États-Unis, les étudiants plaident pour une meilleure coordination entre les municipalités et les universités afin d’augmenter le nombre de logements et leur qualité. En Allemagne, Stefan Brauckmann, qui a dirigé une étude sur le logement étudiant pour l’Institut Moses Mendelssohn, demande l’augmentation des allocations. Dans les deux pays, les regards se tournent donc principalement vers les pouvoirs publics pour régler cette crise ou, du moins, limiter ses effets.

Retrouvez l’actualité des expatriés chaque semaine