Le remboursement des antiobésité Wegovy et Mounjaro débute ce lundi en France, mais les contraintes seront strictes et nombre de patients devraient dans l’immédiat continuer à les payer par eux-mêmes.
Ces analogues du GLP-1, une classe de médicaments qui contrôle la glycémie et fait perdre du poids, sont désormais pris en charge à 65 % par l’Assurance-maladie pour les patients atteints d’obésité massive sans comorbidité ou d’obésité sévère avec comorbidité.
Seuls les médecins des structures spécialisées dans l’obésité comme les centres spécialisés dans la prise en charge de l’obésité (CSO) peuvent établir la première prescription de ces médicaments injectables. L’ordonnance sécurisée doit s’accompagner d’un formulaire de prise en charge.
Un million de personnes seraient éligibles, mais le ministère de la santé estime que dans la réalité ce nombre sera moindre, et envisage donc un coût total de 100 millions d’euros pour l’Assurance-maladie en 2027.
« Il faudra vraiment qu’on s’assure que les ordonnances sont parfaites », déclare à l’Agence France-Presse Eric Myon, le secrétaire général de l’Union des pharmacies groupées de France, qui essayait encore cette semaine « de récupérer la liste de tous les prescripteurs de CSO ou rattachés aux CSO (…) pour savoir quel médecin est vraiment prescripteur, primoprescripteur, reconnu et validé ». Seul réel changement attendu dans l’immédiat par ce pharmacien parisien : « A partir de lundi, tous les prix de ces GLP-1 seront identiques en France », alors que jusque-là leurs prix variaient en fonction des officines.
Un marché à 150 millions d’euros
A court terme, le pharmacien ne s’attend « pas à une évolution de la demande » : « les médecins ne vont pas pouvoir voir tous les patients voulus d’ici à l’été » et, selon lui, les patients déjà traités mais qui ne rentrent pas dans les critères « vont continuer à les acheter » hors prise en charge.
Dans sa pharmacie, « une quinzaine de personnes par semaine » n’hésitent pas à payer ces produits de leur poche, « la motivation des patients dépassant leurs contraintes économiques ».
Dix-huit mois environ après le lancement de ces amaigrissants, le marché de l’obésité en France pèse déjà plus de 150 millions d’euros, une valeur multipliée par plus de 20 par rapport à 2024, selon des données du groupe Iqvia. Depuis le lancement de Wegovy, en octobre 2024, le nombre de boîtes vendues par mois a progressé de 23 %.