Quelques heures après l’arrivée d’émissaires iraniens à Doha lundi pour une nouvelle série de négociations, au moins trois explosions ont été entendues dans la ville portuaire de Bandar Abbas en Iran, où se trouve l’une des principales bases navales du pays, rapporte CNN. Le résultat de frappes “défensives pour protéger nos troupes de menaces des forces iraniennes”, a justifié le CENTCOM, le centre de commandes américain.
Avant même cette opération, les discussions pour un accord de paix progressaient lentement, constate le Wall Street Journal. Américains et Iraniens “campaient sur leur position” sur deux sujets en particulier, le programme nucléaire iranien et l’allègement des sanctions financières contre Téhéran. Les deux camps ont la pression, note le quotidien. Cette guerre reste impopulaire pour l’administration Trump et le régime iranien a besoin d’argent. Les pays du Golfe ont aussi fait comprendre aux médiateurs qu’ils voulaient que l’accord garantisse la liberté de naviguer dans le détroit d’Ormuz.
Et “dans un dernier rebondissement”, ironise le Washington Post, le président américain a ajouté une nouvelle condition : que les pays de la région - dont l’Arabie Saoudite - rejoignent les Accords d’Abraham, un texte signé en 2020 normalisant les relations entre Israël et plusieurs pays arabes. “Ce serait un honneur de les avoir comme membres de cette coalition mondiale sans précédent”, a plaidé Trump sur son compte Truth Social.
Offensive à venir au Sud-Liban
“Les remarques ont pris un diplomate américain et un diplomate arabe par surprise”, observe le Middle East Eye. Que les pays concernés acceptent paraît peu probable. Dania Thafer, la directrice du Gulf International Forum a expliqué à Al-Jazeera que l’Arabie saoudite et le Qatar n’étaient “pas intéressés” par une normalisation des relations avec Israël pour le moment. À cause de la situation à Gaza mais aussi parce qu’ils ne voulaient pas “faire pencher la balance en faveur d’un ordre régional mené par Israël”.
L’Iran a par ailleurs “jeté de l’eau froide” sur les espoirs d’un accord prochain, pointe le Guardian. “C’est vrai que nous avons bien avancé sur une grande partie des problématiques mais personne ne peut affirmer que la signature d’un accord est imminente”, a prévenu le porte-parole du ministère des affaires étrangères. “Les négociations portent d’abord sur la fin de la guerre, nous n’avons pas encore abordé les détails sur la question nucléaire”, a-t-il ajouté. “En Iran, beaucoup d’observateurs voient ce futur accord comme une carte menant à une coexistence hostile pour calmer les tensions plutôt que les éteindre”, affirme le média britannique.
“Quasiment tous les aspects principaux d’un potentiel accord de paix restent flous”, résume le New York Times. On ne sait pas si le texte couvrirait le conflit entre Israël et le Hezbollah par exemple. À la télévision lundi soir, Benjamin Nétanyahou a en tout cas annoncé qu’il avait ordonné à l’armée israélienne de “mettre le pied sur l’accélérateur” contre le groupe libanais. “Nous allons les frapper. Ils nous ciblent avec des drones. Nous avons une équipe qui travaille là-dessus et nous résoudrons ce problème aussi”, a poursuivi le premier ministre, cité par le Jerusalem Post.
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