-
Les plages du Débarquement en Normandie et les Forteresses royales du Languedoc, ex-« châteaux cathares », ont été inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco.
-
Sur 80 km de côtes, les plages du 6 juin 1944 commémorent le sacrifice consenti pour libérer l’Europe de l’occupation nazie.
-
Édifiées après la croisade contre les Albigeois, les huit forteresses languedociennes témoignent de la protection de la monarchie française sur le sud du pays
Les plages du Débarquement en Normandie et les Forteresses royales du Languedoc, dans le sud de la France, plus connues sous leur ancien nom de « châteaux cathares », ont été inscrites dimanche au patrimoine mondial de l’Unesco.
Les plages du Débarquement, « sacrifice humain » pour la libération de l’Europe
Sur un peu plus de 80 km de côtes, entre les départements de la Manche et du Calvados dans le nord-ouest de la France, les plages du Débarquement allié du 6 juin 1944 furent le théâtre d’une bataille décisive pour libérer l’Europe du nazisme et mettre fin à la Seconde Guerre mondiale.
Ces plages « sont directement et matériellement associées au Débarquement […] qui a joué un rôle décisif dans la libération de l’Europe occidentale de l’occupation nazie », a rappelé une représentante du Conseil international des monuments et des sites (Icomos) de l’Unesco, lors de la session à Busan, en Corée du Sud.
Cet ensemble de sites « commémore symboliquement l’immense sacrifice humain qui a été fait pour renverser une occupation autoritaire bien ancrée en Europe », a-t-elle poursuivi.
La candidature concernait les cinq plages du Débarquement connues sous leur nom de code Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword, mais aussi la Pointe du Hoc, lieu de combats décisifs, la batterie d’artillerie allemande de Longues-sur-Mer, et le port artificiel d’Arromanches-les-Bains, dit Port Mulberry, composé d’énormes caissons en béton fabriqués en Angleterre pour faciliter la logistique alliée. De nombreux cimetières militaires et monuments commémoratifs sont associés.
À lire aussi : 15 août 1944, le débarquement en Provence
« On est super heureux, parce qu’on n’y croyait plus », a déclaré à l’AFP le président de la Région Normandie, Hervé Morin. « Il n’y a pas un label plus prestigieux que celui-ci. »
Présent à Busan pour ce dossier lancé en 2006, Hervé Morin a estimé que le classement pourrait faire venir 20 % de touristes en plus sur les sites. « Une immense fierté pour la Normandie et pour la France ! », s’est de son côté réjouie la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, sur X.
Les Forteresses royales du Languedoc, de la dissidence cathare au domaine royal
La présidente du département de l’Aude, Hélène Sandragné, a également salué le classement des Forteresses royales du Languedoc à l’Unesco, le qualifiant de « levier » pour le développement touristique et économique. « Il va accroître notre attractivité et l’Aude en a besoin », a-t-elle déclaré à l’AFP.
Souvent perchées en haut de pitons rocheux escarpés, les huit forteresses, dont celle de Montségur en Ariège et celles de Peyrepertuse ou Quéribus dans l’Aude, ont été édifiées à l’issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229), lorsqu’une partie du Languedoc tombe dans le domaine royal. Certains de ces sites avaient servi auparavant de refuge aux cathares accusés d’hérésie.
Avec ces forteresses, le roi de France voulait garder surveiller le royaume d’Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres à peine de Quéribus ou Peyrepertuse et protéger son royaume.
À lire aussi : La croisade contre les Albigeois : une guerre de conquête sous le voile de la foi
Les forteresses étaient administrées par un sénéchal installé dans la Cité de Carcassonne, elle aussi reconstruite à la même époque et déjà inscrite au patrimoine mondial de l’humanité en 1997. Considérés comme un « élément central du système défensif », son château et ses remparts font aussi partie de ces huit monuments désormais sur la liste de l’Unesco.
« Ces forteresses témoignent de l’adaptation exceptionnelle de l’architecture militaire aux contraintes topographiques et de l’émergence de nouvelles formes d’organisation du territoire par la monarchie française », a estimé l’Unesco.
« Ironie de l’histoire, ces forteresses qui hier ont brisé la fougue rebelle du peuple languedocien lui donneront demain un nouvel élan », a encore déclaré Mme Sandragné, qui voit dans cette distinction un atout pour la « préservation et la restauration » de ces citadelles.
Pour Fabrice Chambon, guide-conférencier au château de Montségur, où plus de 200 « hérétiques » ont été brûlés en 1244 avant la construction de la forteresse qu’on visite aujourd’hui, l’effacement du mot « cathare » a « ému pas mal de personnes ». Une pétition d’opposants à ce changement de dénomination a été signée par près de 9 400 personnes.
Avec ces deux nouveaux sites, « la France compte désormais 56 biens classés à l’Unesco. C’est une fierté, mais aussi une responsabilité », a déclaré à l’AFP la ministre de la Culture Catherine Pégard.
© Agence France-Presse
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !