“Autrefois, on pensait que les poumons pouvaient se régénérer, rappelle le Dr Charlotte Dean, cheffe du développement des poumons et des maladies pulmonaires à l’Imperial College London. Mais maintenant, nous savons que ce n’est pas le cas. Dans les grandes lignes, les poumons peuvent juste se réparer quand on arrête de fumer.”

Dans les faits, fumer détériore les poumons, assure Charlotte Dean, et ceux-ci ont une forte capacité à s’auto-réparer. Au cours de l’évolution, ils ont été confrontés à la pollution et aux infections bactériennes ou virales. “Ils sont tellement vitaux – on ne peut pas survivre sans – qu’ils doivent avoir cette capacité.”

Ce n’est pas une raison pour fumer, insiste-t-elle. Le tabagisme et le vapotage exposent les poumons à davantage de particules toxiques qu’ils ne peuvent en supporter. Et surtout, il n’y a que des cas particuliers : les poumons de certains individus ne vont pas se régénérer aussi bien que ceux des autres, et seront donc plus exposés à des dommages permanents des tissus liés au tabagisme. Charlotte Dean poursuit :

“Même si d’une façon générale, en arrêtant de fumer, on retrouve une bien meilleure santé pulmonaire, cela ne veut pas dire qu’on soit entièrement tiré d’affaire. On peut très bien avoir déclenché des mutations, des changements génétiques ou des dommages des tissus pulmonaires, ce qui peut avoir des conséquences sur la santé pulmonaire générale. Résultat, le déclin lié à l’âge sera plus rapide ou pourra entraîner un cancer.”

Elle invite donc les fumeurs à arrêter la cigarette le plus rapidement possible, car de même que les os ne se réparent plus aussi bien avec l’âge, le tissu pulmonaire s’auto-répare moins bien dès lors qu’on vieillit. Avoir une vie saine peut être un atout. “Il est essentiel de faire de l’exercice. Avec l’exercice, on maintient ses muscles en bonne santé, et cela vaut aussi pour les poumons. Grâce à l’exercice, les échanges gazeux sont plus efficaces et l’oxygénation des cellules se fait mieux.”