“Dans une heure à peine, en ce matin de janvier inondé de soleil, Jacques Gosselin va recevoir l’aide médicale à mourir au bloc opératoire de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal”, raconte L’Actualité dans un long reportage annoncé en couverture de son dernier numéro, daté du 6 juin. Celui-ci est intitulé : “Le dernier choix”.
Jacques Gosselin, 70 ans, était atteint de sclérose en plaques. Il aurait pu vivre encore quelques années. Mais il a décidé de mettre fin à son “martyre”, comme la loi québécoise l’y autorise. “En 2021, rappelle le mensuel francophone, la loi concernant les soins de fin de vie, une mesure québécoise qui au départ réservait l’aide médicale à mourir (AMM) aux personnes atteintes d’une maladie grave et incurable dont la mort était raisonnablement prévisible, a laissé tomber le critère de fin de vie, moyennant dans ce cas une période de trois mois de réflexion à partir de la première évaluation.”
Cet ancien sportif “a décidé de ne pas s’accorder un jour de plus” et autorisé à ce que ses organes soient prélevés.
“Ça donne un sens à ma mort. C’est comme si mon être allait se multiplier.”
Un “soin de santé” au Québec
Parmi les treize pays où l’euthanasie ou l’assistance au suicide sont dépénalisées, c’est au Québec qu’elles sont le plus répandues, explique L’Actualité. “Année après année depuis l’adoption de la loi en juin 2014, la proportion de personnes ayant reçu l’AMM augmente : un taux record de 7,9 % des décès a été atteint en 2024-2025.” Ainsi, entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025, 6 268 personnes ont reçu l’AMM (sur 79 555 décès). À titre de comparaison, ce taux était de 6 % aux Pays-Bas en 2025 et de 4 % en Belgique. Au Canada (Québec compris), il était de 5,1 % en 2024.
Parmi les explications, le magazine évoque l’élargissement des critères “pour permettre à de plus en plus de gens de recourir à cette voie de sortie”. Dont les personnes ayant reçu un “diagnostic de maladie grave et incurable menant à l’inaptitude”, telle que la maladie d’Alzheimer. Depuis 2024, elles peuvent formuler une demande anticipée avant de perdre leurs capacités cognitives.
Néanmoins, souligne L’Actualité, une enquête approfondie, telle que celle commandée par le gouvernement du Québec, sera nécessaire pour analyser “la portée de cette révolution majeure dans la manière de mourir”. Et de lancer quelques pistes : “Le fait que l’AMM soit considérée comme un ‘soin de santé’ au Québec, et qu’elle soit dispensée par des médecins, a-t-il contribué à son exceptionnelle popularité ? L’abondante couverture médiatique dont jouit le phénomène a-t-elle eu de l’influence ?”
“Changement sociétal” : le Royaume-Uni adopte un projet de loi sur le suicide assisté
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !