“Les vaches trouvent-elles que tous les êtres humains se ressemblent et ont la même voix ? Tous les animaux à deux pattes qui s’occupent d’elles et les font paître se mélangent-ils, à leurs yeux, pour ne former qu’une masse humaine indifférenciée ?” s’interroge The Times.

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Des chercheurs de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement répondent enfin à ces questions : détaillée dans Plos One, leur étude montre que les vaches sont capables de reconnaître les humains, de faire la différence entre les uns et les autres et d’associer une voix à un visage connu. Et ce n’est pas tout : elles ont tendance à préférer les nouveaux visages.

Des vaches physionomistes

Pour mieux comprendre ce qu’il se passe dans la tête des vaches, l’équipe française a installé une petite trentaine de prim’Holstein, la race laitière la plus commune dans l’Hexagone, devant des écrans. La suite, c’est le site américain Popular Science qui la raconte : “Les chercheurs ont montré aux vaches des vidéos sans son où apparaissaient des visages d’hommes, familiers ou non, et ont mesuré le temps qu’elles passaient à les regarder.”

Attirés par les écrans et pas du tout effrayés par ces visages d’humains sans son et en deux dimensions, les animaux sont restés plus longtemps devant les vidéos d’humains qu’ils ne connaissaient pas, ce qui démontre que les vaches sont capables de faire la distinction entre visages connus et inconnus et qu’elles sont plus attirées par la nouveauté.

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Puis l’équipe “leur a montré des vidéos avec deux visages côte à côte, l’un connu, l’autre inconnu, en diffusant cette fois un enregistrement de la voix de l’un des deux hommes. La phrase prononcée était toujours la même”, poursuit Popular Science. Résultat : quand la vache entend la voix connue (celle de son éleveur), elle se tourne vers la photo de son éleveur. Et quand c’est une voix qui ne lui est pas familière qui est diffusée, elle se tourne vers l’autre photo.

L’intelligence des animaux que l’on mange

Cette étude est l’une des rares à explorer les capacités cognitives des vaches, alors que les chevaux, de leur côté, font l’objet de très nombreux travaux. “Peut-être que, finalement, cela nous dérange de savoir que ces animaux possèdent des formes d’intelligence très élaborées”, suppute l’éthologue Léa Lansade, dont les propos sont rapportés par Le Temps.

“Les espèces que l’on mange sont totalement délaissées. La vache n’est pas un caillou, inerte”, poursuit l’éthologue, qui cosigne un autre article dans Scientific Reports, lequel démontre que les vaches savent faire la différence entre la joie et la colère exprimées sur le visage d’un humain.