Benjamin Nétanyahou a salué dimanche “la prise, par l’armée israélienne, du château historique de Beaufort au Liban ainsi que de la crête stratégique environnante”, alors que les forces armées “s’enfonçaient davantage dans le sud du Liban dans le cadre d’une offensive terrestre élargie contre le Hezbollah”, résume The Times of Israel.

Quelques heures après la prise de l’emblématique forteresse médiévale, construite par les Croisés au XIIe siècle – et qui fut la base de l’État hébreu durant ses deux décennies d’occupation du sud du Liban –, le Premier ministre israélien a pris la parole dans un message vidéo triomphaliste.

“La prise de Beaufort constitue une étape spectaculaire et un tournant décisif dans la politique que nous menons”, a-t-il déclaré. “Désormais, ma directive est d’intensifier et d’étendre notre emprise sur les zones qui étaient sous le contrôle du Hezbollah”.

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Des paroles aux actes, Israël a multiplié dans la journée “les frappes et les appels à évacuation”, observe L’Orient-Le Jour. Et “tout indique à ce stade que cet élargissement de l’offensive n’est que le début, malgré les négociations directes en cours entre le Liban et Israël”.

De fait, Middle East Eye relaie des informations de la chaîne israélienne Channel 13, selon lesquelles l’État hébreu “envisage une expansion significative de sa campagne militaire au Liban, incluant la possibilité de cibler Beyrouth”.

Selon le site, la chaîne a indiqué que “les dirigeants militaires et politiques israéliens [discutaient] d’une augmentation majeure du rythme et de l’ampleur des attaques”, alors même que l’offensive contre le Hezbollah s’intensifie déjà à travers le Liban.

Parmi les multiples opérations menées dimanche par Tsahal, une frappe sur la ville de Deir Zahrani, dans le district de Nabatieh, a fait huit morts, dont trois femmes, et 19 blessés, dont cinq enfants et six femmes, selon le ministère libanais de la Santé.

Détresse des personnes déplacées

“Parallèlement, la détresse des personnes déplacées à l’intérieur du pays s’aggrave de jour en jour, et le gouvernement libanais peine à y faire face”, relève Al-Jazeera. “La crise pourrait encore s’intensifier après que l’armée israélienne a sommé plus de 80 000 habitants de Tyr de fuir leurs foyers et de se diriger vers le nord”.

Plus largement, “l’escalade israélienne” dans le sud du Liban “comprend l’exigence de vider de leurs habitants une région qui représente près d’un cinquième du pays, venant s’ajouter au 1,2 million de personnes déjà déplacées par la guerre”, confirme El País.

Au vu de cette situation, “la trêve imposée par les États-Unis en avril” entre les belligérants “ne survit plus que sur le papier”, estime le quotidien espagnol. Un avis partagé par Al-Jazeera, à qui “des sources diplomatiques bien informées” ont affirmé que les récents développements “ [compliquaient] la situation et [compromettaient] la possibilité de parvenir à une quelconque solution au Liban”.

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Les experts militaires eux-mêmes s’interrogent sur la stratégie israélienne, estimant “peu probable” que la colline fortifiée de Beaufort “protège les forces israéliennes des drones” du Hezbollah, “qui ont causé un nombre croissant de pertes dans les rangs israéliens”, écrit The New York Times.

“De plus, font-ils valoir, la simple occupation de territoires supplémentaires au Liban a peu de chances de venir à bout du groupe militant”, ajoute le quotidien américain. “Plus nous nous avancerons, plus nous aurons besoin de troupes, plus nous serons vulnérables et plus nous subirons de pertes”, déclare Eyal Ben-Reuven, un général israélien à la retraite.

L’escalade en cours au Liban a suscité de nombreuses critiques à l’étranger, notamment en France, au Royaume-Uni et en Allemagne. “Rien ne justifie l’escalade majeure en cours au Sud-Liban”, a ainsi affirmé sur X Emmanuel Macron. Dimanche soir, Paris “a réclamé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU”, qui devrait se tenir lundi, selon Ha’Aretz.