Une partie de bras de fer oppose le ministère public aux magistrats de siège sur le dossier d’Amir Boukhors (alias « Amir DZ »), cet influenceur critique du régime d’Alger qui avait été séquestré par des malfrats vingt-sept heures fin avril 2024. Dans un geste inédit, le parquet national antiterroriste (PNAT) a requis, le 11 juin, la remise en liberté de Smaïl R., l’agent du consulat algérien de Créteil placé en détention provisoire depuis le 12 avril 2025 pour sa participation présumée à l’enlèvement du youtubeur. L’affaire avait alors porté à son paroxysme la crise entre la France et l’Algérie, les deux pays procédant à cette occasion à des expulsions mutuelles de vingt-quatre de leurs agents diplomatiques. Depuis lors, la détention de Smaïl R. est devenue aux yeux d’Alger le principal obstacle à toute normalisation avec Paris, oblitérant même, selon les familiers de la relation bilatérale, toute perspective de grâce du journaliste sportif Christophe Gleizes détenu près d’Alger depuis un an.
Les réquisitions du PNAT ont fait suite à une demande d’élargissement déposée la veille par les avocats de la défense (qui n’ont pas souhaité répondre au Monde). Elles marquent un évident assouplissement de la position du ministère public sur ce dossier, le parquet antiterroriste ayant jusqu’à présent rejeté toutes les demandes de remise en liberté de Smaïl R. Faut-il voir dans cette nouvelle flexibilité un lien avec les efforts en coulisse entre Paris et Alger pour solder la crise et permettre la libération de M. Gleizes ? La coïncidence entre les deux agendas – diplomatique et judiciaire – est en tout cas troublante.
Il vous reste 79.38% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !