En cette soirée d’avril inhabituellement chaude, une improbable concentration de bérets rouges se presse dans les couloirs du célèbre Hammersmith Apollo [une salle de concert de l’Ouest londonien]. Près d’un quart des spectateurs venus pour “A Painted Symphony” – une soirée orchestrale tirée de la bande originale du jeu vidéo Clair Obscur. Expedition 33 – arbore une tenue certifiée 100 % française. Massés autour du bar, on les reconnaît à leurs marinières et à leurs lunettes rondes. Certains sont allés un cran plus loin et portent une baguette croustillante en bandoulière. “Je l’ai achetée sur Amazon”, m’explique une de ces personnes.
Un œil soupçonneux penserait peut-être à une caricature xénophobe, ou à un happening de glorification d’un cliché. L’idée vient en réalité du jeu Clair Obscur lui-même : une œuvre dont l’essence française, assumée et pleine d’affection, plonge ses racines plus profondément que son esthétique pourrait le laisser croire à première vue. Sorti il y a un an, ce jeu de rôle conçu par le studio Sandfall Interactive de Montpellier a été un des succès inattendus de l’année 2025.
Multirécompensé, il a valu à ses 28 développeurs d’être élevés au rang de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres [en France]. Dans cet univers fantastique inspiré de la Belle
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“Clair Obscur. Expedition 33”, ou le triomphe d’une épopée “très française”
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