Les combats entre Israël et le Hezbollah ne montraient guère de signes d’apaisement vendredi”, alors que les “forces israéliennes bombardaient des localités dans tout le sud du Liban et ordonnaient aux habitants d’évacuer” la région, constate The New York Times.

“La poursuite des violences remet en question l’accord [de cessez-le-feu] annoncé cette semaine par Israël et le Liban à l’issue de pourparlers directs à Washington, et fait douter de sa réelle entrée en vigueur”, ajoute le quotidien.

Les espoirs suscités par ce nouveau cessez-le-feu s’étaient déjà sensiblement réduits jeudi, lorsque le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, avait rejeté l’accord, dénonçant “une capitulation et une défaite”, et réclamant un cessez-le-feu “global” et le retrait des Israéliens du sud du Liban.

« Ce n’est pas votre pays »

Un rejet attendu, au demeurant, les termes de l’accord conditionnant le cessez-le-feu “au retrait du Hezbollah de la zone frontalière entre le Liban et Israël ainsi qu’à une “cessation complète” des attaques du groupe”, mais sans imposer de “concession immédiate à Israël”, souligne The New York Times. En outre, le Hezbollah “n’a pas participé aux négociations” et le gouvernement libanais n’a guère les moyens de faire pression sur le groupe.

Impuissantes face au Hezbollah, soutenu par l’Iran, c’est face à Téhéran que les autorités libanaises, de guerre lasse, ont “haussé le ton” vendredi, rapporte L’Orient-Le Jour. “Le président de la République, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam, ont accusé Téhéran d’utiliser le front libanais comme “monnaie d’échange” dans ses négociations avec les Américains et exigé qu’il cesse son ingérence au Liban”, écrit le quotidien libanais.

“Ce n’est pas votre pays, c’est le nôtre” a lancé aux autorités iraniennes le président Aoun, dans un entretien à CNN. “Nous en avons assez et nous voulons vivre en paix”, a-t-il ajouté. Les Libanais “méritent de vivre en paix et dans la dignité. Ils méritent de ne pas voir leurs maisons détruites tous les cinq ou dix ans”.

Des milliers d’évacuations

Sur le terrain, “des milliers de personnes ont fui leur domicile vendredi, après l’émission par Israël d’ordres d’évacuation forcée pour neuf villages du sud du Liban”, où les frappes menées par Tsahal dans la foulée “ont fait six morts”, selon The Guardian.

Des centaines de familles ont ainsi quitté Anqoun, “un village accueillant au moins 2 500 personnes déplacées, après que l’armée israélienne a annoncé son intention d’y mener des opérations” contre le Hezbollah. Ailleurs dans la région, “des drones ont visé des véhicules dans la région de Nabatieh, tandis que des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont pilonné la localité de Kfar Tebnit”, précise le quotidien britannique.

De son côté, le Hezbollah a annoncé avoir mené “32 frappes distinctes contre les forces israéliennes dans le sud du Liban entre jeudi et vendredi, touchant des troupes et des véhicules militaires”, rapporte Al-Jazeera.

Le groupe islamiste a précisé avoir eu recours “à des salves de roquettes, à l’artillerie et à des drones explosifs pour viser les positions israéliennes et stopper leur progression”, et avoir particulièrement visé “les forces israéliennes positionnées autour du château historique de Beaufort”, dont l’armée israélienne s’est emparée cette semaine.

À l’international, les ministres des Affaires étrangères de 11 pays, dont la France et le Canada, ainsi que la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, ont exprimé leur “profonde préoccupation face à l’escalade continue des hostilités au Liban”.