Le parti travailliste du premier ministre maltais, Robert Abela, a remporté, dimanche 31 mai, les élections législatives de l’île méditerranéenne, à l’issue d’un scrutin anticipé sur fond d’incertitudes géopolitiques. Il s’agit du quatrième mandat du gouvernement travailliste, au pouvoir depuis 2013.
« Tout semble indiquer que le Parti travailliste de Malte [MLP] est entré dans l’histoire, en remportant quatre élections d’affilée », a déclaré M. Abela, 48 ans, sur la page Facebook de sa formation politique. Des feux d’artifice ont été tirés à Malte, et des partisans travaillistes en liesse, vêtus de rouge, la couleur du parti, scandaient « quatre fois ! » après l’annonce des résultats préliminaires qui donnaient la victoire au parti au pouvoir.
Le premier ministre avait convoqué ces élections avec un an d’avance, affirmant que le gouvernement avait besoin d’un nouveau mandat pour protéger cette petite île fortement dépendante des importations face à la crise au Moyen-Orient. Bien que l’économie maltaise ait progressé de 4 % en 2025, certains craignent que le conflit n’ait un impact sur le tourisme en raison de la flambée des coûts du carburant aérien, et n’alimente l’inflation.
Un premier ministre au pouvoir depuis 2020
Le pays dispose de très peu de ressources naturelles et importe une grande partie de son énergie, ce qui le rend vulnérable aux chocs externes. Le MLP subventionne massivement les factures d’énergie et a promis de continuer à le faire.
M. Abela a axé la campagne de son parti sur le bilan économique de son parti depuis 2013, promettant la stabilité dans une période d’incertitude. Son principal rival était le candidat conservateur du Parti nationaliste, Alex Borg, un avocat de 30 ans et ex-lauréat du concours de beauté Mr World Malta, qui a exhorté les Maltais à voter pour le changement.
Alex Borg a reconnu sa défaite, dimanche, déclarant dans une allocution publiée sur les réseaux sociaux qu’il avait « appelé personnellement Robert Abela pour le féliciter » de sa victoire. Ce dernier dirige Malte depuis 2020, depuis que son prédécesseur a démissionné à la suite d’une crise politique provoquée par l’assassinat, en 2017, de la journaliste Daphne Caruana Galizia, qui avait mis au jour la corruption au plus haut niveau de l’Etat.
Selon un rapport du Conseil de l’Europe de 2025, Malte reste très en retard dans la lutte contre la corruption, un sujet qui n’a pourtant pas dominé la campagne.
Malte se trouve également en première ligne du changement climatique, et est menacée de désertification et de sécheresse, ce dont aucun des deux grands partis n’avait toutefois fait une priorité.