Avant fin mai, l’Union européenne va devoir décider à qui confier les pourparlers avec la Russie. Il est peu probable que ce soit à l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder.

Son nom a été prononcé par le président de la Russie, Vladimir Poutine, s’exprimant face à des journalistes le 9 mai, après la parade de la victoire. Le 11 mai, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a expliqué que cette candidature avait déclenché “une déferlante de discussions” en Europe, mais que Moscou n’avait reçu aucune réponse officielle. Ce débat nourri est lié avant tout au scepticisme de nombreux politiques et fonctionnaires européens. Schröder est considéré comme quelqu’un qui est proche de Poutine.

Ce qui ne veut pas dire que l’UE ait une meilleure candidature à proposer. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a rappelé sa carrière de juriste et déclaré : “Je pense être capable de repérer les pièges que tend la Russie.” Ces propos rappellent plus la démarche d’un juge d’instruction ou d’un procureur que celle d’un diplomate, d’un négociateur. Ils s’adressent non pas à la Russie en tant que partenaire dans le dialogue, mais à Kiev ou à la population européenne.

Ils témoignent d’une méfiance fondamentale, et en même temps non dissimulée. On peut se demander à quoi serviront de