Quatorze personnes seront jugées en correctionnelle pour leur implication présumée dans la disparition de 31 migrants dans la nuit du 23 au 24 novembre 2021, naufrage le plus meurtrier à ce jour dans la Manche, a appris mardi 16 juin l’Agence France-Presse (AFP) de source proche du dossier, confirmée par le Parquet national anticriminalité organisé (Pnaco).
Les 14 mis en cause, liés à des réseaux de passeurs, sont poursuivis notamment pour homicides involontaires, blessures involontaires, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation a une association de malfaiteurs, a précisé le Pnaco.
Les protagonistes sont nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak. Ils sont suspectés d’avoir « participé, chacun à leur échelle, à des réseaux d’immigration illégale coopérant entre eux afin de tirer toujours plus de profits d’étrangers en situation irrégulière désireux de passer en Angleterre », selon les éléments du dossier.
« Première étape »
Parallèlement, l’information judiciaire se poursuit pour des militaires mis en cause. De nouvelles auditions ont eu lieu ces derniers mois, a appris l’AFP de sources proches du dossier. Ce volet détaché, pour des raisons procédurales, concerne au moins sept militaires français : cinq personnels du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant. Ils sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger.
Côté passeurs présumés, deux « filières » ont été mises au jour, correspondant à « deux réseaux communautaires », afghan et irako-kurde. Les rôles attribués par le parquet aux 14 mis en cause sont divers : organisateurs de la traversée, chauffeurs, logeurs, etc. La plupart contestent leur responsabilité, certains, côté irako-kurde, s’étant présentés comme de simples migrants.
Matthieu Chirez, avocat de 113 parties civiles, s’est félicité auprès de l’AFP du futur procès : « Cette ordonnance est une première étape dans la reconstitution judiciaire de ce naufrage dramatique. » « La première chaîne de responsabilité est identifiée avec les passeurs qui vont devoir répondre de leurs actes », poursuit l’avocat. Le procès sera également « l’occasion, nous y aspirons, pour certaines familles de victimes, de s’exprimer pour la première fois », souligne le conseil.