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Neuvième partie »IL FAUT SAUVER CARTHAGE », de Robert Lodimus

Robert Lodimus ______________________________ Il faut sauver Carthage ______________________ Neuvième partie ___________________ Pour les Carthages du monde ____________________________________ « Le moyen ne peut être justifié que par la fin. Mais la fin a besoin aussi de justification. Du point

Neuvième partie »IL FAUT SAUVER CARTHAGE », de Robert Lodimus
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29 mai 2026
Neuvième partie  »IL FAUT SAUVER CARTHAGE », de Robert Lodimus 
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Neuvième partie  »IL FAUT SAUVER CARTHAGE », de Robert Lodimus 

  • by Rezo Nodwes
  • 29 mai 2026
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Robert Lodimus

« Le moyen ne peut être justifié que par la fin. Mais la fin a besoin aussi de justification. Du point de vue du marxisme, qui exprime les intérêts historiques du prolétariat, la fin est justifiée si elle mène à l’accroissement du pouvoir de l’homme sur la nature et à l’abolition du pouvoir de l’homme sur l’homme. »

Mémoires d’Humanité : Archives départementales de la Seine-Saint-Denis

     Nous avons abondamment expliqué, au cours de cette série, – dans laquelle nous utilisons le mot Carthage, qui représenta une cité prospère de l’antiquité, comme métaphore –, que les puissances esclavagistes ne sont pas disposées à soutenir véritablement les efforts de développement et d’autodétermination des pays qu’elles maintiennent elles-mêmes sous la dépendance et la domination du « Capital ». Yalta, cette ville historique de Crimée où se rencontrèrent en février 1945 Franklin D. Roosevelt des États-Unis, Winston Churchill du Royaume uni, Joseph Staline de l’Union soviétique, symbolise le lieu de la manifestation du cynisme des puissances impérialistes. Les futurs vainqueurs de la seconde guerre mondiale séparèrent entre eux la terre, l’océan et l’espace, avant même la défaite officielle de l’Allemagne et la capitulation du Japon. Aujourd’hui, il faut donc comprendre que chaque individu, qui fait partie de la classe universelle défavorisée, demeure la propriété de l’impérialisme. Yalta fut la consécration de l’horreur et de la voracité du néocolonialisme. Les quatre pays qui vainquirent Hitler (Allemagne), Mussolini (Italie), Hirohito (Japon)…, divisèrent les pays et les familles. L’Allemagne fut déchirée en deux : la République fédérale d’Allemagne (RFA) et la République démocratique allemande (RDA). Tous les citoyens allemands avaient des parents de l’autre côté de la grande et épaisse muraille. Les gouvernements hégémoniques créèrent deux pays sur un même territoire. 

     Dans les Antilles, cette situation commença avec Ayiti. Deux États, la République dominicaine et la République d’Haïti, qui évoluent de façon tout à fait inégale sur une même île, n’arrivent pas à vivre jusqu’à présent dans une saine atmosphère de cohabitation. Nous citons encore : Corée du Nord et Corée du Sud, Chine et Taïwan, Israël et Palestine, Ukraine et Crimée, etc. Grâce à Vladimir Poutine de Russie, La Syrie de Bachar al-Asad a pu échapper à l’émiettement, au morcellement de ses terres. Après 22 années de division territoriale imposée en 1954 par les accords de Genève, le Viêt Nam put se réunifier en 1976, pour emprunter un chemin de redressement social, politique, économique et culturel. La faiblesse divise et asservit. La force unit et libère. La dernière s’obtient par l’union et la solidarité entre les individus, les peuples et les États. C’est peut-être la voie que préconisait l’empereur Jean-Jacques Dessalines pour les Haïtiens et les Dominicains, après avoir fondé la République. La partie orientale de l’île doit son existence à un événement historique. Elle émana des Traités signés les 20 et 21 septembre 1697 à Ryswick en Hollande, qui permirent de faire cesser la guerre entre la France de Louis XIV et la Ligue d’Augsbourg, qui représentait une majorité des pays de l’Europe. De ce fait, le projet de réunification de l’île ne serait pas guidé par une appétence, un souhait, un désir qui s’inscrirait dans l’irréalisme ou l’utopisme. L’histoire n’est pas statique. Elle se déplace, évolue avec le temps : allant dans une direction ou dans une autre, selon sa bonne convenance.

     Le terme « victoire » possède deux côtés comme une médaille. Il peut être vu aussi comme des angles opposés par le sommet: gloire et déshonneur. L’extermination de l’armée hitlérienne et ses alliés fut bien accueillie dans le monde en 1945. Les livres, les médias, les documentaires cinématographiques en parlent de façon élogieuse. Le triomphe extraordinaire des esclaves africains des troupes napoléoniennes à Saint-Domingue soulève des sentiments d’admiration de la part des États anticolonialistes et progressistes. Il y a également de ces victoires qui portent des traces de saleté, de laideur et de réprobation. Hiroshima, Nagasaki en 1945, Haïti en 1915, Nicaragua en 1915, République dominicaine en 1965, Timor Oriental en 1975, Irak en 2001, sont des preuves éloquentes de « victoire sans gloire ». Les États-Unis eux-mêmes gardent les souvenirs bouleversants de deux événements qui ne se désinscriront jamais de leur mémoire : l’écrasement de leur flotte navale du Pacifique stationnée à Pearl Harbor par les forces nippones le 7 décembre 1941, et l’attaque meurtrière du 11 septembre 2001 menée par les Djihadistes d’Oussama Ben Laden contre la ville de New York. 

     En moins de dix ans, les politiciens procapitalistes sont parvenus à désengrener tous les organes vitaux de l’État haïtien. Plus rien ne fonctionne dans ce pays. À l’exception, bien entendu, des différentes filières locales et internationales du crime organisé, qui rançonnent et endeuillent les familles apeurées. Les analystes politiques, étrangers et nationaux, en sont arrivés à la même conclusion : l’avenir de la population haïtienne est sérieusement menacé. Nos prévisions, en ce sens, demeurent également apocalyptiques. Nous croyons nous-mêmes que les Haïtiens auraient pu, s’ils le désiraient réellement, bénéficier de l’assistance auprès des États plus coopératifs. Plus conciliants. Moins rapaces. Nous sommes convaincus que des puissances économiques et politiques, comme la Russie, la Chine, pour ne citer que celles-ci, seraient capables de les aider – avec  moins d’hypocrisie –, à surmonter les obstacles de périclitation. 

     Le concept « antisystème », à proprement parler, n’est pas tout à fait  développé en sciences humaines? Bien qu’il soit assez répandu dans certains pays européens, notamment en France. Nous n’en connaissons pas vraiment nous-mêmes une quelconque théorie définissante? Les sociologues et les politologues utilisent à la place l’expression de «mouvement  antisystème » pour caractériser une lutte qui vise à s’opposer ou à renverser un système social, politique, économique, sanitaire, financier et culturel, chronique ou nouvellement institué? Car ce que l’on considère comme un « antisystème » devait être lui-même un autre « système » qui se proposerait de remplacer « celui » qui est en cours, avec lequel des citoyens seraient en désaccord. Le mot « antisystème » est surtout employé comme un qualifiant, donc assez rare comme substantif. Voici la définition que la Toupie lui en donne : « En politique, l’adjectif antisystème (ou anti-système) qualifie une personne, un groupe ou un parti politique qui est opposé ou hostile au système en place, qui critique des institutions politiques établies. Il sert à dénoncer tout ou partie du système : les élites, le capitalisme, le libéralisme, la finance, la mondialisation, le bipartisme, le clivage droite/gauche, la « pensée unique », etc. » Toujours selon cette même source, il est « synonyme de contestataire, protestataire, anti-establishment… » Nous avons appris aussi, par la même occasion, que le terme « antisystème » fut utilisé pour la première fois en 1717 en vue de combattre le « système financier » créé par l’économiste John Law de Lauriston né à Édimbourg (Écosse) en 1671 et décédé à Venise (Italie) en 1729. Dans le domaine des Finances publiques et de l’Économie internationale, John Law reste une personnalité centrale. Un pionnier. C’est lui qui inventa le « papier-monnaie ». Il a  même  mérité  en Europe le titre de « père de la finance ». 

      En politique, on ne pourrait parler non plus de l’anticonstitution sans risque de se confondre. Logiquement, l’anticonstitution aurait dû être un nouveau projet de constitution proposé au peuple en vue de remplacer, d’abroger la constitution en vigueur. Il ne saurait également exister une « anti-loi ». Toute nouvelle constitution, ainsi que tout nouvel article de loi, détient un « pouvoir abrogatoire ». Et cela s’obtient soit par reconstitution, soit par amendement, soit par remplacement. Par contre, on parle de décision anticonstitutionnelle, pour dénoncer l’adoption d’une mesure illégale par le gouvernement, ou de mouvement anticonstitutionnel, lorsque que des  groupes politiques, des associations syndicales, des groupes sociaux réclament et exigent la mise en place d’une nouvelle Loi qui viendrait autrement codifier le mode de fonctionnement de l’État. Les Législateurs ne votent pas, ne ratifient pas une « anticonstitution », mais une « constitution amendée » ou une « nouvelle constitution ».

     Nous avons déjà repris plusieurs fois la définition du concept de « système », selon son véritable fondateur, von Bertalanffy, dans le cadre de nos réflexions sociales, politiques et économiques. Il s’agit d’un ensemble d’éléments qui interagissent. Ce qui est aussi important à souligner, sans se basculer dans les détails pointilleux et embrouillants, c’est le terme « cohérence »  qui apporte cette autre dimension importante à la construction et à la survie d’un système, quel que soit le domaine de son affectation : social, politique, économique, culturel, environnemental, sanitaire, technologique, scientifique, etc. Ce phénomène logique nous laisse comprendre que le système  s’autorégule et s’autoprotège, en vue de répondre  aux pressions et de s’adapter aux conditions des environnements intrasociétal et extrasociétal. David Easton, de son côté, identifie « quatre critères » qui sont étroitement liés au système politique. Pour le politologue – rapporté par Denis Monière et Jean H. Guay dans leur ouvrage collectif, Introduction aux théories politiques – « dans toutes les sociétés, il y a des rôles et des activités politiques distinctes; un groupe distinct qui assume les rôles politiques; une hiérarchie propre au sein de ce groupe; des critères distincts de sélection du personnel politique. » La poursuite de notre démarche dans la voie eastonienne nous aurait conduits à l’évocation du « concept de persistance » qui permet de saisir et d’expliciter ce que les philosophes des sciences humaines appellent « les fondements de la vie politique ». David Easton lui-même en fait état de trois composantes : les autorités, le régime politique, la communauté politique. Ce bref aperçu laisse présumer que l’exercice des fonctions politiques, qui ont des caractéristiques de diversification et de spécialisation, exigent des compétences basées sur la formation académique et/ou sur l’expérience. Les activités sociales, politiques et économiques ne peuvent pas être confiées à des novices qui n’ont aucune expérience théorique et pratique de la structure organisationnelle de la gouvernance de l’État. En Haïti, les vides institutionnels ne sont pas comblés de manière efficace et dynamique. Peu de responsables politiques se retrouvent effectivement à leurs places et remplissent des tâches pour lesquelles ils ont été formés. Préparés. Pour lesquelles ils possèdent les qualités et les aptitudes requises. À commencer par les galapiats, les bandits, les canailles, les malandrins, les pilleurs, les vauriens –  alliés des États dominants – qui composent la vaste flibusterie qui a assauté les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. 

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