Le chef indigène du peuple miskito, Broolyn Rivera, emprisonné depuis trois ans par le gouvernement nicaraguayen, est mort à 73 ans, à la suite d’une détérioration de son état de santé, a fait savoir, dimanche 31 mai, le ministère de la santé. Amnesty International le considérait comme un « prisonnier d’opinion », et les Etats-Unis réclamaient sa libération.
Ancien député, M. Rivera avait été arrêté en septembre 2023, après avoir dénoncé le sort des populations indigènes au cours d’une conférence internationale. Le 1er mai 2026, un groupe d’experts de l’ONU avait réclamé aux autorités des « preuves de vie » du détenu.
« Nous avons le regret de confirmer qu’il a malheureusement quitté ce monde », ont déclaré les autorités sanitaires nicaraguayennes, dans un communiqué publié dimanche dans des médias progouvernementaux.
Selon le ministère de la santé, la « détérioration physique et neurologique » de M. Rivera était « la conséquence d’une bactérie générée par le virus du Covid-19 », et son décès est survenu malgré les « efforts considérables et intenses » déployés par les médecins. Les ministères de l’intérieur et de la santé avaient publié, mercredi, des photos de M. Rivera alité dans un hôpital, relié à un respirateur et visiblement amaigri.
Un strict contrôle du gouvernement sur les opposants
Les images fournies par les médias officiels étaient accompagnées d’un rapport médical expliquant que le chef indigène était hospitalisé depuis le 7 mars, « face à une détérioration évidente de ses fonctions respiratoires ». Tininiska Rivera, la fille du détenu, a alors tenu le gouvernement pour responsable de la « détérioration » de l’état de santé de son père.
Brooklyn Rivera était un dirigeant du parti indigène Yatama (Fils de la Terre Mère unis), qui défend les droits des communautés autochtones du Nicaragua.
Les autorités n’ont jamais rendu publiques les accusations portées contre lui. Mais selon des informations parues dans la presse, en novembre 2024, le gouvernement a admis devant le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme que son immunité parlementaire avait été levée afin de mener une enquête sur lui pour des crimes graves, tels que la trahison.
En mars, le Bureau des affaires de l’hémisphère occidental du Département d’Etat américain a accusé la « dictature Murillo-Ortega » de maintenir des personnes « emprisonnées uniquement pour s’être opposées au régime » dans des conditions « inhumaines » et sans soins médicaux.
Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, 80 ans, et son épouse Rosario Murillo, 74 ans, exercent un strict contrôle sur les opposants depuis les manifestations de 2018, qui ont fait quelque 300 morts tandis que des centaines de personnes ont été emprisonnées.