À Qamichli, jeudi 20 août, le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a annoncé en kurde que “la phase d’intégration des institutions militaires, sécuritaires et administratives [kurdes] aux institutions nationales de l’État [syrien] est achevée”, rapporte le média kurde Rudaw. Dominées par les Kurdes, les FDS, qui ont combattu le groupe djihadiste État islamique avec le soutien d’une coalition internationale menée par les États-Unis, constituaient le bras armé de l’administration autonome mise en place à la faveur de la guerre qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.
C’est Mazloum Abdi qui avait signé en janvier l’accord avec les autorités syriennes prévoyant l’intégration complète des structures de l’administration autonome dans les institutions syriennes. Un accord conclu après les affrontements qui avaient permis aux forces gouvernementales de reprendre une partie importante des territoires auparavant contrôlés par les FDS.
Depuis, les forces gouvernementales sont entrées à Hassaké et à Qamichli, les deux plus grandes villes du nord-est de la Syrie, et ont repris le contrôle des champs pétroliers de la région. Les FDS ont été intégrées au sein de l’armée syrienne sous la forme de “brigades composées d’ex-anciens combattants des FDS et commandées par d’anciens officiers des FDS”, explique Rudaw. Et le président de transition syrien, Ahmed El-Charaa, a nommé un Kurde originaire de Qamichli gouverneur de la province de Hassaké et un ancien commandant des FDS, adjoint du ministre de la Défense pour la région orientale.
“Inscrire dans la Constitution les droits légitimes de notre peuple”
Pour autant, ce n’est pas la fin des revendications kurdes. “Notre lutte se poursuivra afin de faire inscrire dans la Constitution les droits légitimes de notre peuple”, a affirmé Mazloum Abdi. Le futur texte constitutionnel devra être rédigé et adopté avant la fin de la période de transition, prévue pour durer cinq ans. Les Kurdes espèrent y obtenir des garanties concernant leurs droits politiques et culturels.
Un premier pas avait été franchi en janvier, lorsque Ahmed El-Charaa avait signé un décret reconnaissant des droits nationaux aux Kurdes et faisant du kurde une langue nationale. Cette décision constituait une rupture avec des décennies de politiques discriminatoires. Représentant environ 15 % de la population syrienne, les Kurdes ont longtemps été empêchés d’enseigner leur langue ou de célébrer publiquement certaines de leurs fêtes.
Par ailleurs, Abdi a annoncé que des “milliers” de combattants kurdes, venus d’Iran, d’Irak et de Turquie pour soutenir les FDS ont quitté la Syrie. La présence de ces combattants, dont beaucoup gravitent autour du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), était une “source de préoccupation pour la Turquie”, souligne Rudaw.
“Nous entamons désormais une nouvelle phase”, a déclaré Mazloum Abdi.