“La sauvagerie dans les rues de Belfast.” C’est le titre choisi par le Belfast Telegraph en une de son édition du mercredi 10 juin, au lendemain d’une nuit de violences en Irlande du Nord, provoquées par une tentative de meurtre particulièrement brutale survenue dans la capitale nord-irlandaise.

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Les faits se sont déroulés dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 juin sur Kinnaird Avenue, dans le nord de Belfast. Selon la police nord-irlandaise, un homme d’une quarantaine d’années a été grièvement blessé lors de ce qui est décrit comme une tentative de “décapitation”. Le suspect, un ressortissant soudanais âgé de 30 ans, serait arrivé en Irlande du Nord en 2023 après avoir transité par Paris, puis Londres.

“La victime de ce qui semble être une tentative d’agression à la tête dans le nord de Belfast a été grièvement blessée aux yeux, ce qui pourrait la rendre aveugle, selon des témoins”, rapporte le Belfast Telegraph. D’après plusieurs témoignages relayés par le quotidien, l’homme aurait été sauvé in extremis grâce à l’intervention d’un habitant, “héros” du quartier, armé d’une crosse de hurling, sport traditionnel irlandais.

L’inculpation du suspect, annoncée mardi 9 juin en fin de journée, a été suivie de manifestations dans plusieurs localités d’Irlande du Nord. “De nombreux rapports font état de routes bloquées et de véhicules incendiés à Belfast et dans d’autres localités”, note le journal. “Plus tard dans la soirée, des maisons [occupées par des migrants] ont été incendiées dans l’est de la capitale, tandis que des résidents ont également été évacués” par les forces de l’ordre.

“Nous avons déjà bien assez d’horreurs en nous”

Ces violences surviennent un an jour pour jour après les émeutes de Ballymena, à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Belfast, déclenchées après l’arrestation de deux jeunes Roumains accusés du viol d’une adolescente. Elles rappellent également les tensions anti-immigration observées en 2025 dans plusieurs villes du Royaume-Uni et d’Irlande. “Les appels au calme lancés après l’horrible attaque ont été ignorés”, regrette un reporter du quotidien nord-irlandais.

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Rappelant les décennies de violences intercommunautaires qui ont marqué l’Irlande du Nord durant les Troubles, de 1969 à 1998, avec un bilan de 3 500 morts, Suzanne Breen, journaliste chevronnée ayant couvert le conflit pendant de nombreuses années, met en garde : “Un crime commis par un ressortissant étranger ne prouve pas qu’il représente une ‘menace’ pour nos valeurs en Irlande du Nord”, écrit-elle. “Nous avons déjà bien assez d’horreurs en nous, passées et présentes. Un acte criminel isolé ne saurait définir toute une population. La violence au couteau n’est pas arrivée à Belfast avec un réfugié. Elle n’a pas franchi la frontière en bus. Elle était présente bien avant, même si elle n’a jamais été filmée ni diffusée sur les réseaux sociaux.”