C’est une véritable course contre la montre dans des conditions particulièrement difficiles qui a lieu dans les montagnes himalayennes. Alors qu’un dernier bilan fait état d’au moins 538 morts lors des crues soudaines des rivières Bhote Koshi et Trishuli à la frontière entre le Népal et la Chine, mercredi 26 août, les secouristes multiplient les opérations pour retrouver “les plus de 1 500 personnes portées disparues”, rapporte le quotidien singapourien The Straits Times.
Leur première difficulté : la boue. Une vidéo, diffusée sur la chaîne YouTube de Channel News Asia (CNA), montre un secouriste porter à bout de bras un sinistré dans une eau boueuse, rendant l’évacuation lente et fastidieuse. Un journaliste du New York Times rapporte que “la destruction généralisée des infrastructures de transport et de communication”, mais aussi des réseaux électriques, complique les opérations de secours. Il décrit par ailleurs la présence d’une “épaisse couche de boue noire” dans l’ensemble des villages touchés, rendant de nombreuses zones difficiles d’accès.
Le Straits Times aussi fait de la boue l’ennemie principale des secouristes, qui “pataugent dans la boue et la vase à la recherche de survivants.”
Le Népal refuse la présence de secouristes étrangers
L’autre problème majeur consiste en la crainte de nouvelles inondations. Selon le South China Morning Post, “la formation récente d’un lac de barrage, créé par l’énorme glissement de terrain près de la frontière et où le niveau de l’eau continue à monter, est de plus en plus préoccupant”. Le quotidien hongkongais affirme même que ce lac contiendrait plus de “2,5 millions de mètres cubes d’eau, soit l’équivalent de 1 000 piscines olympiques”. Face à l’ampleur de cette menace et “après des informations selon lesquelles le lac commençait à déborder”, les autorités népalaises ont interrompu pendant près d’une heure et demie leurs opérations de sauvetage, le 28 août, souligne The Guardian, qui précise que “des habitants ont été aperçus en train de se précipiter vers les collines”.
Au-delà des villages touchés, l’armée népalaise se concentre également sur un tunnel d’un site hydroélectrique où des centaines de personnes se sont retrouvées piégées par les eaux. Le Straits Times rapporte dans un autre article que plus 350 personnes ont pu être évacuées du tunnel le 28 août, comme l’atteste une vidéo de CNA, mais “plus de 100 personnes” y sont encore coincées.
Devant l’ampleur des dévastations et alors que plus de 517 ressortissants étrangers sont portés disparus au Népal, plusieurs États ont proposé au gouvernement népalais d’envoyer des équipes de secouristes sur place. Une offre refusée par les autorités, qui ont rétorqué dans un communiqué que “les organismes d’aide népalais peuvent se charger de l’opération”.
Selon le Straits Times, “le gouvernement a pris cette décision après l’expérience du séisme de 2015 [qui avait fait plus de 8 000 morts], où l’afflux des équipes de sauvetage étrangères et la concurrence entre les différents pays ont entraîné d’importants problèmes de coordination et de gestion”.
Une coulée de boue fait au moins 160 morts et des centaines de disparus au Népal et au Tibet
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