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Pedro Sánchez, gloire et douleur d’un des derniers dirigeants de gauche en Europe : « Agiter la peur d’un gouvernement d’extrême droite ne suffira pas »
Par Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)PortraitEn incarnant l’opposition frontale aux politiques de Donald Trump et de Benyamin Nétanyahou, le dirigeant socialiste, à la tête de l’exécutif espagnol depuis 2018, s’est distingué sur la scène internationale. Une stature qui tranche avec le désaveu auquel il fait face dans son pays, alors que se multiplient les affaires visant son entourage.
Il est 22 heures, ce 10 juin, et la nuit tombe doucement sur Barcelone (Catalogne, Espagne). Une brise légère souffle sur le parvis de la Sagrada Família. Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, se tient aux côtés du pape Léon XIV et de la famille royale espagnole devant la basilique illuminée pour assister à la bénédiction de la plus haute tour du célèbre chef-d’œuvre moderniste d’Antoni Gaudí (1852-1926). Les chants d’un chœur d’enfants s’élèvent.
La présence du dirigeant socialiste à la messe papale a de quoi surprendre. Pedro Sánchez, 54 ans, s’est toujours ouvertement déclaré athée et ne participe à aucune cérémonie religieuse. Lors de son arrivée au pouvoir, en juin 2018, il avait même prêté serment sur un exemplaire de la Constitution espagnole sans bible ni crucifix : aucun de ses prédécesseurs socialistes n’avait osé le faire. Sensible aux messages du souverain pontife, entre défense du multilatéralisme et appel au respect des migrants, il a pourtant tenu à être là.
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