Le 9 juillet, l’écrivain Dinaw Mengestu annonçait quitter la présidence de PEN America après seulement sept mois d’exercice. En cause, un article publié ce même jour sur le site de l’association sur les discriminations subies par des auteurs juifs israéliens et américains. L’organisation internationale, née en 1921 de la conviction que la littérature pouvait être un outil de dialogue entre les peuples, défend la liberté d’expression des écrivains et journalistes à travers le monde. Sa branche américaine, très influente aux Etats-Unis, est cependant traversée depuis plusieurs années par des dissensions internes sur ce que recouvre cette mission dans le contexte de la guerre à Gaza. La démission de Dinaw Mengestu, qui en tant que président du conseil d’administration n’a pas d’autorité éditoriale, vient en donner un nouvel exemple.
« Dans cet article, écrivent les autrices de l’enquête à l’origine du départ de Dinaw Mengestu, nous partageons les témoignages d’écrivains juifs et israéliens qui ont le sentiment que le monde littéraire traditionnel les exclut de plus en plus en raison de leur identité, de leur nationalité ou de leurs opinions. » Celui d’une agente littéraire de renom, par exemple, habituée à vendre une dizaine de livres d’auteurs israéliens par an sur le marché américain, qui raconte n’en avoir publié aucun depuis le 7-Octobre. Ou celui de l’écrivain israélien Etgar Keret, opposé au gouvernement du premier ministre Benyamin Nétanyahou, qui se décrit comme ayant « le statut unique de boycotté à la fois en Israël et à l’étranger ».
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