Le chiffre est tellement spectaculaire qu’il relancera inévitablement le débat sur les « profiteurs de guerre » et leurs marges extraordinaires.
Le négociant suisse de matières premières Trafigura, basé à Genève, vient d’annoncer un bénéfice après impôts de 4,1 milliards de dollars (environ 3,5 milliards d’euros) pour le semestre clos le 31 mars. Plus du double du résultat enregistré sur la même période l’an dernier, et le deuxième plus élevé de son histoire – 5,5 milliards de dollars réalisés au premier semestre 2023, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
La société, qui appartient à ses 1 400 employés, va aussi verser un dividende record de 3,05 milliards de dollars pour la période. Ce résultat ne comprend que le premier mois de guerre au Moyen-Orient, laissant entrevoir un second semestre encore plus profitable. La société confirme dans la foulée avoir payé près d’un milliard de dollars d’impôts, principalement dans le canton de Genève, mais aussi à Singapour et à Houston (Texas), ses deux autres centres principaux de trading.
Les résultats de Trafigura confirment l’ampleur des profits qu’engrangent les géants de l’or noir, producteurs et traders, depuis le blocage du détroit d’Ormuz par lequel transitait un cinquième du pétrole mondial.
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