Frappé par une intense vague de chaleur, le Portugal est en proie, vendredi 3 juillet, à ses premiers incendies majeur de l’été, qui ont fait au moins neuf blessés et poussé le gouvernement à demander des renforts à ses voisins européens et au Maroc.
Le feu de forêt qui s’est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi dans la commune de Vouzela, dans le district de Viseu (nord), a déjà ravagé une superficie estimée à 10 000 hectares, selon le commandant national de l’Autorité nationale de protection civile, Mario Silvestre.
Vendredi soir, ce brasier mobilisait toujours plus d’un millier de pompiers, tandis que d’autres foyers moins importants faisaient rage dans les régions de Setubal (sud), Arouca (nord) et Barcelos (nord).
Ces incendies ont fait au moins neuf blessés dont deux civils qui se trouvaient en état grave. L’un d’eux a souffert de brûlures et l’autre a été victime d’une chute, ont précisé les services de secours.
Niveau d’alerte maximal
En raison d’un temps « très chaud et sec », avec des températures qui pourront atteindre les 44 °C par endroits, l’agence météorologique portugaise a placé en vigilance rouge 12 des 18 districts du territoire continental portugais. Ce niveau d’alerte maximal sera maintenu samedi et dimanche dans plusieurs régions.
Dans ce contexte, le gouvernement portugais a décidé vendredi d’activer le mécanisme européen de protection civile, ainsi que ses accords bilatéraux avec l’Espagne voisine et le Maroc.
« Non pas parce que nos capacités seraient déjà épuisées, mais parce que, dans la situation actuelle, l’ensemble de notre territoire est exposé à un risque très élevé », a expliqué le premier ministre, Luis Montenegro.
Lisbonne a déjà obtenu l’envoi d’un avion bombardier d’eau espagnol de type Canadair, a fait savoir le ministère de l’intérieur portugais, précisant avoir demandé deux de ces appareils à l’Espagne et deux autres au Maroc.
A la suite des incendies meurtriers de 2017, qui ont fait plus d’une centaine de morts, le Portugal a multiplié par dix l’investissement dans la prévention et doublé son budget de lutte contre les feux de forêt.
Mais après plusieurs années de bons résultats, qui ont permis de réduire la surface brûlée moyenne d’environ un tiers, le pays a connu en 2025 son pire bilan de la décennie, avec 270 000 hectares de végétation partis en fumée.
La péninsule ibérique est particulièrement exposée aux effets du changement climatique, responsable des vagues de chaleur plus fréquentes et de sécheresses prolongées, et le Portugal a connu l’an dernier son été le plus chaud depuis 1931.