“On pense souvent que le principal problème de l’Otan est de savoir gérer les débordements de Donald Trump”, écrit The New World. Ce qui inquiète désormais certains au siège de l’organisation à Bruxelles, c’est “la perspective qu’une autre figure de l’extrême droite, apologiste du Kremlin, prenne le contrôle d’un pays clé de l’Otan”, poursuit le magazine britannique. Pour les diplomates de l’Alliance, avec Marine Le Pen en tête des sondages pour la présidentielle française de l’an prochain, l’importance de ce scrutin est “claire”.
“Trump n’a pas réussi à tuer l’Otan. Marine Le Pen y parviendra-t-elle ?” s’interroge le journaliste Luke McGee. La “menace” que pose la cheffe de file des députés du Rassemblement national est “subtilement différente” de celle posée par Donald Trump, mais pourrait s’avérer “tout aussi dommageable” pour l’Alliance.
Au siège, peu de diplomates pensent que le président américain utiliserait la dissuasion nucléaire pour protéger un autre pays que les États-Unis. Et “parmi les personnes interrogées pour l’écriture cet article, aucune ne pensait que Le Pen le ferait non plus”, poursuit l’hebdomadaire. Le contraste est saisissant par rapport à Emmanuel Macron, qui avait fait part en mars de sa volonté d’élargir le parapluie nucléaire français aux autres pays européens. “Les États frontaliers de la Russie auraient sûrement du mal à accepter l’idée que Marine Le Pen puisse prendre le commandement des forces armées françaises”, note donc le titre.
Un “coup de massue”
Plusieurs responsables ont par ailleurs exprimé leur inquiétude quant à la possibilité que Marine Le Pen devienne une alliée de Donald Trump. Avoir un dirigeant français sceptique à l’égard de l’Otan et qui “envisage la sécurité nationale d’un point de vue très étroit” pourrait pousser le président américain à s’éloigner davantage de l’Alliance.
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Je m’abonneMarine Le Pen a elle-même “fait, à plusieurs reprises, la promesse de retirer la France du commandement militaire intégré de l’Otan”, rappelle le titre. Tandis qu’avec le président américain la crainte est “simplement” qu’il quitte l’Alliance “en claquant la porte d’entrée”, Marine Le Pen, elle, “pourrait se faufiler discrètement par l’arrière, en causant des dommages structurels à une Otan qui s’est lentement reconstruite ces dix dernières années”, analyse The New World.
Outre le fait que la France est une puissance nucléaire dotée d’un budget de défense considérable, d’une armée expérimentée et d’une expérience récente du recours à ses forces armées – “ce que de nombreux pays européens ne peuvent pas affirmer” –, son départ “porterait un coup de massue à ce qui constitue le pilier le plus important de l’Alliance, un pilier consolidé depuis la grande invasion de l’Ukraine : la volonté politique d’agir concrètement”, souligne l’hebdomadaire.
“L’Alliance a réussi à survivre aux éclats imprévisibles de Donald Trump durant ses deux premiers mandats, en faisant profil bas et en attendant que la tempête passe. Mais si la France change de camp, il ne restera peut-être plus beaucoup d’endroits pour se mettre à l’abri”, conclut le titre.
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