Le résultat du second tour de la présidentielle au Pérou pourrait ne pas être connu avant deux semaines, a déclaré mardi 9 juin à l’Agence France-Presse (AFP) le chef de l’autorité électorale péruvienne, anéantissant tout espoir d’une issue rapide à cette course extrêmement serrée.
Le dépouillement du scrutin de dimanche dernier « pourrait prendre entre deux semaines et la fin du mois » de juin, en fonction des observations qui seront formulées sur les procès-verbaux, a affirmé le directeur de l’Office national des processus électoraux, Bernardo Pachas Serrano.
Dans les 96 % des procès-verbaux dépouillés, le candidat de gauche Roberto Sanchez, recueille 50,05 % des suffrages, contre 49,94 % pour sa rivale, la conservatrice Keiko Fujimori, soit un écart d’environ 20 000 voix.
Pour qu’un vainqueur soit proclamé, il faudra examiner des procès-verbaux contestés représentant quelque 450 000 votes, ce qui pourrait prendre plusieurs jours. « Nous sommes très confiants et optimistes », déclarait lundi Roberto Sanchez à des journalistes, assurant toutefois attendre que l’intégralité des bulletins soient décomptés.
Peu avant, Keiko Fujimori avait appelé au calme. « Nous devons attendre jusqu’à la fin », estimait la fille de l’ancien président autocrate Alberto Fujimori (1990-2000). Elle a appelé à « la patience et la sérénité » et promis de « respecter le résultat, quel qu’il soit ».
Neuvième président du Pérou en dix ans
De nombreux électeurs espéraient que l’élection permettrait au pays de tourner la page des années de chaos politique qui ont vu une série de présidents emprisonnés, destitués et inculpés. Quel que soit le vainqueur du scrutin, il deviendra ainsi le neuvième président du Pérou en dix ans.
Le second tour montre que le pays andin reste profondément divisé entre la côte, plutôt acquise à Mme Fujimori, et le Sud, andin, rural et indigène. Keiko Fujimori, 51 ans, espère profiter de la vague de soutien aux candidats de droite en Amérique latine, qui ont remporté les récentes élections en Bolivie, au Chili et en Equateur grâce à un discours de fermeté contre la criminalité.
Roberto Sanchez, député et ancien ministre de 57 ans, se présente pour la première fois et a connu une percée en fin de campagne qui lui a permis d’atteindre le second tour. Il a édulcoré ses premiers appels à un « changement radical » et a déclaré à l’AFP souhaiter une relation « respectueuse » avec le président américain, Donald Trump.
Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle ont mis plus de trente jours à être connus.