Le Colombien Abelardo de la Espriella, 47 ans, aime les mocassins Louis Vuitton, les grands vins et Donald Trump. Pour devenir président de son pays, cet avocat millionnaire sans expérience politique s’est choisi comme surnom « le Tigre ». Il promet à ses concitoyens une main de fer pour en finir avec l’insécurité, les corrompus, les communistes et le gouvernement de gauche de l’actuel président, Gustavo Petro.
Dernier venu de l’extrême droite latino-américaine, M. de la Espriella a créé la surprise en remportant le premier tour de l’élection présidentielle en Colombie, le 31 mai, avec 43,7 % des voix. Son adversaire, le candidat de gauche Ivan Cepeda, que tous les sondages donnaient favori depuis des mois, en a obtenu 40,9 %. L’issue du second tour, le 21 juin, est incertaine.
Mercredi 10 juin, Donald Trump a réitéré son « soutien total et absolu » à M. de la Espriella qui, depuis le début de la campagne électorale, a multiplié les preuves d’allégeance à Washington. Le candidat veut notamment mener lui aussi des frappes aériennes contre des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, comme le font les Américains dans les eaux des Caraïbes et du Pacifique. En dix mois, ces bombardements ont causé la mort de plus de 200 personnes.
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