Chez María Zenaida Puliche, les adultes s’efforcent de retenir leurs larmes devant Sofía, qui fête ses 9 ans. Sourire aux lèvres, la fillette embrasse son père, ses tantes, ses cousins – mais pas sa mère. Daniela Valencia est l’une des 22 victimes de l’attentat perpétré le 25 avril par des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, dissoutes).
Dans cette région du sud-ouest du pays, le Cauca, l’État est impuissant face aux groupes armés et l’ombre de la violence plane en permanence. Survenue un mois avant l’élection présidentielle, cette attaque est inédite : depuis 2003, en Colombie, aucune autre n’avait fait autant de victimes civiles.
Daniela rentrait chez elle, dans le village de Cajibío, quand une bombe a explosé sur la route panaméricaine. Elle avait pris place avec d’autres habitants dans le bus de Ciro Puliche qui les emmenait comme tous les samedis au village voisin de Piendamó où ils vendaient café, bananes et sucre de canne. En chemin, l’Estado Mayor Central [“État-major central”, EMC], une faction des ex-Farc qui a refusé de se plier à l’accord de paix signé en 2016, leur a barré le passage.
“J’ai envie de hurler”
Ce qui aurait pu n’être qu’un banal contrôle routier, comme les organisations criminelles en pratiquent tous les jours dans une bonne
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